Mercure, la planète au cœur gros : une explication scientifique
Mercure, la planète la plus proche du Soleil, se distingue par la taille anormément grande de son noyau métallique, qui représente environ 75 % de sa masse totale. Cette caractéristique unique a été mise en lumière par les chercheurs William McDonough de l’université du Maryland et Takashi Yoshizaki de l’université du Tōhoku. Selon leurs travaux, cette disproportion dans la composition des noyaux des planètes telluriques serait liée à l’intensité du champ magnétique solaire : plus une planète est proche du Soleil, plus son noyau est volumineux.
La distance de Mercure au Soleil varie entre 0,3 et 0,47 unité astronomique, soit entre 45 et 70 millions de kilomètres. Comparativement, le noyau de Vénus et de la Terre représente chacun environ un tiers de leur masse, tandis que celui de Mars ne constitue qu’un cinquième de sa masse totale. Les chercheurs avancent que Mercure a subi de nombreuses collisions lors de la formation du Système solaire, ce qui aurait contribué à l’amincissement de son manteau silicaté.
Les travaux de McDonough et Yoshizaki suggèrent également que le champ magnétique du Soleil a joué un rôle crucial durant la formation de Mercure. Dans le disque protoplanétaire, les matériaux proches de l’étoile étaient plus secs et plus riches en fer, ce qui aurait favorisé la concentration de ce métal dans le noyau de Mercure.
D’après les résultats obtenus, le fer constituerait 41 % de la masse de Mercure, contre 15 % pour la Terre et Vénus, et 10 % pour Mars. Cette différenciation interne, où les éléments lourds migrent vers le centre, expliquerait l’exceptionnelle taille du noyau de Mercure.
La présence d’un noyau de fer et de nickel liquide génère un champ magnétique autour de la planète, formant une magnétosphère qui la protège des particules solaires. Ce phénomène est essentiel pour comprendre les conditions propices à la vie sur d’autres corps célestes.
La sonde BepiColombo, lancée par l’ESA et la JAXA, atteindra Mercure en décembre 2025, promettant d’apporter des données cruciales sur cette planète et son noyau. Avant cela, plusieurs survols, dont un prévu le 2 octobre prochain, fourniront des informations préliminaires.
Source : Pour la Science



