À Marseille, l’angoisse monte à me que l’horloge tourne.
Plus que quatre jours avant la fermeture du marché des transferts, et l’Olympique de Marseille n’a toujours enregistré aucune arrivée cet été. Une situation qui commence sérieusement à interroger, tant le club phocéen a habitué son public à des fins de mercato mouvementées.
C’est en marge du tirage au sort de la Ligue Europa, ce vendredi, que Grégory Lorenzi a levé le voile sur les coulisses d’un dossier bien plus compliqué qu’il n’y paraît. Interrogé par Canal+, le directeur sportif marseillais n’a pas cherché à rasr qui que ce soit. « Il y a très peu de possibilités dans les derniers instants pour que beaucoup de choses puissent arriver », a-t-il lâché, sans détour. Une petite phrase qui, à elle seule, résume l’ampleur du casse-tête.
Une équation financière presque impossible
Le feuilleton continue, et il tourne toujours autour du même nœud : l’argent. Sous la pression conjointe de la DNCG et de l’UEFA, l’OM doit impérativement alléger sa masse salariale — ou plutôt, la comprimer au maximum, sous peine de sanctions plus lourdes encore. Lorenzi a été limpide sur ce point : « Même si on vend un joueur, on ne pourra pas enregistrer une arrivée. Il faudrait plusieurs départs pour une seule arrivée. » Une déclaration qui en dit long sur les marges de manœuvre, ou plutôt sur leur absence quasi totale.
Au cœur de cette tempête économique, un nom revient sans cesse : Igor Paixão. L’ailier brésilien, annoncé du côté de Sunderland, cristallise toutes les tensions internes. D’un côté, le staff sportif souhaiterait le conserver. De l’autre, sa vente représenterait une bouffée d’oxygène financière difficile à ignorer. « Igor est un joueur assez important pour l’OM, mais ça ne veut pas dire qu’il partira. […] On a envie de garder nos meilleurs joueurs, mais il y a des contraintes liées à l’aspect économique », a expliqué Lorenzi, visiblement tiraillé.
Paixão, arbre qui cache la forêt
Problème supplémentaire : Paixão n’a pratiquement aucune doublure dans l’effectif marseillais. « Faire sortir Igor Paixão, c’est difficile car on n’aura peut-être pas la possibilité de le remplacer. Ce n’est pas une équation simple à résoudre », a insisté le dirigeant. Un coup dur en perspective. Ou presque, tant l’issue reste incertaine.
De son côté, le président Stéphane Richard a évoqué d’autres pistes pour desserrer l’étau budgétaire, y compris des baisses de salaire consenties par certains joueurs. Une méthode qui illustre, s’il en fallait encore la preuve, l’ampleur de la crise. « Tout ne se focalise pas sur le sort d’Igor Paixão », a-t-il tenu à préciser.
Rarement une fin de mercato aura semblé aussi figée du côté du Vélodrome. Alors que les Marseillais s’apprêtent à affronter des adversaires coriaces en Ligue Europa, le club doit simultanément retenir ses cadres et respecter une discipline financière stricte. Le vestiaire va en parler, c’est certain — et les supporters, eux, retiennent leur souffle jusqu’au coup de sifflet final du mercato.
Source : Canal+

