Les gens viennent faire la photo et s’en vont. : À Menton, cette association a de nombreuses idées pour réveiller la rue Longue
En perte de vitesse, la rue Longue demeure pourtant l’une des artères les plus photographiées de la vieille ville. Son association multiplie les animations pour la relancer et plaide pour une semi-piétonnisation afin de « ramener commerces, artistes et touristes. »
Créée juste avant la crise sanitaire, l’association est née d’un constat partagé par quelques amoureux du quartier. Claude, son président, un habitué de la cité du citron, vient chaque année de Colmar avec son épouse. « Il vient depuis quarante ans à Menton. En la voyant comme ça, avec ses misères, il s’est dit qu’il fallait faire quelque chose », raconte Christian Mandart, vice-président de l’association. Un petit bureau de cinq personnes s’est constitué pour organiser et coordonner les événements, demander les autorisations et récupérer le matériel auprès des ateliers municipaux.
Chaque année, l’association participe notamment à la Fête du citron, avec un motif confié par la Ville qu’elle « fruite » et entretient. Elle organise également des événements autour des saveurs, une fête des voisins, des rencontres d’écrivains, des animations avec des chorales, ainsi que des événements pour les artistes et artisans d’art. En septembre, elle participe au Forum des associations.
Pour Christian Mandart, l’allée ne doit pas devenir un simple axe de passage, mais redevenir un lieu où l’on prend le temps de s’arrêter. Le bureau travaille à de nouveaux rendez-vous pour les mois à venir, dont une exposition photo prévue l’année prochaine, possiblement entre juin et août, impliquant des clubs d’Arles, d’Aix-en-Provence ou de Marseille. Le gérant du restaurant Le Palais des Princes évoque également l’idée d’un marché autour de produits locaux, réunissant au minimum une vingtaine d’exposants.
Cependant, l’animation culturelle ne suffira pas si l’axe ne change pas de fonctionnement. « Tant que c’est la priorité aux voitures, on ne peut pas avoir autre chose. » Cette situation limite les possibilités d’étals, de petites terrasses ou de mise en valeur des commerces. Le vice-président propose un système plus souple, avec une semi-piétonnisation, permettant l’accès aux véhicules le matin pour les livraisons, tout en réservant l’après-midi et la soirée aux habitants, visiteurs et commerçants.
Cette réflexion rejoint celle de la municipalité. David Marchisio, adjoint au commerce, a récemment annoncé vouloir recenser les locaux disponibles pour attirer de nouvelles activités dans le secteur. Christian Mandart estime que cette démarche est cohérente, soulignant la nécessité de donner une nouvelle vie à des locaux inoccupés.
À ses yeux, le potentiel de la rue Longue est évident, mais il est crucial d’inciter les visiteurs à explorer au-delà de la partie basse de la rue. Christian Mandart propose également d’aménager des repères, comme le Pont des Amours, pour attirer davantage de visiteurs et prolonger leur séjour. Une petite terrasse pourrait également être envisagée sur la place Saint-Michel pour créer un point d’ancrage.
Enfin, des activités liées à l’histoire locale, comme un petit musée de la vieille ville, pourraient enrichir l’offre culturelle et attirer un public plus large.
Source : Nice Presse.