On peut parler de mégafeux en France : Peter Fulé, expert américain, explique ces « incendies vastes et dangereux »

Peut-on parler de mégafeu en Europe et en France ? La question se pose une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à frapper la France depuis 1949, avec 42 000 hectares déjà consumés en Gironde. Au 31 juillet, la situation n’est toujours pas maîtrisée, avec des risques de reprise de feu en raison des fortes chaleurs.

Pas un terme scientifique à l’origine

« À l’origine, il ne s’agit pas d’un terme scientifique », rappelle l’enseignant-chercheur américain Peter Fulé, spécialiste en écologie du feu et des relations entre incendies et climat. « Il est apparu parce que des journalistes et des citoyens cherchaient à décrire des incendies particulièrement vastes et dangereux. »

Les scientifiques ont ensuite approprié ce terme. Selon Fulé, la définition la plus largement admise repose sur la superficie brûlée. « En règle générale, un incendie qui dépasse 10 000 hectares, soit 100 kilomètres carrés, peut être considéré comme un mégafeu. »

Ainsi, les 42 000 hectares de l’incendie en Gironde le qualifient comme tel. Cependant, l’expert précise qu’aux États-Unis, le terme est souvent utilisé pour désigner des incendies beaucoup plus vastes, parfois dix fois plus grands que ce seuil.

L’un des plus grands défis reste le réchauffement climatique

Plusieurs actions sont mises en œuvre pour tenter de prévenir ces mégafeux, notamment la gestion des combustibles (végétation, arbres, broussailles) et la limitation des départs de feu d’origine humaine.

« Mais l’un des plus grands défis reste le réchauffement climatique », insiste Peter Fulé. Les températures exceptionnellement élevées et la sécheresse que connaît actuellement la France favorisent clairement les incendies, en combinaison avec la quantité de végétation disponible et les départs de feu.

L’Europe peut apprendre de l’Amérique du Nord

Pour l’expert américain, l’Europe peut apprendre des nombreux mégafeux passés qui ont touché l’Amérique du Nord. « Les États-Unis, mais aussi le Canada et le Mexique ont montré que des incendies d’une ampleur extraordinaire étaient possibles depuis 20 à 25 ans. L’Europe peut donc observer ce qui s’y est passé et s’appuyer sur cette expérience, notamment scientifique. »

Peter Fulé se félicite du « très haut niveau » de la communauté scientifique européenne sur le sujet. « Même dans des pays qui étaient auparavant relativement épargnés par les grands incendies, on observe aujourd’hui un intérêt croissant pour la recherche et le développement de nouvelles approches afin de mieux comprendre ces phénomènes et d’y faire face. »

Source : La Provence.

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