Médicaments non utilisés : quels leviers contre le gaspillage ?
Chaque année, 7 675 tonnes de médicaments non utilisés (MNU) sont rapportés en pharmacie en France. Ces médicaments sont ensuite collectés par l’éco-organisme Cyclamed pour être incinérés ou réutilisés. Pour mieux comprendre ce phénomène et agir de manière plus efficace, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l’Assurance Maladie, en partenariat avec Cyclamed, ont réalisé l’étude PERIMED (PERImés et gaspillage MEDicamenteux). Cette étude, première en son genre, analyse la nature, la composition et les causes supposées du non-usage des médicaments en France.
Depuis plusieurs années, le volume de médicaments non utilisés collectés par Cyclamed est en diminution constante, avec une baisse d’environ 30 % entre 2022 et 2024. Toutefois, ce volume reste élevé, avec 7 675 tonnes en 2024. Parallèlement, un rapport du Shift Project indique que la production de médicaments consommés en France génère 9,1 millions de tonnes de CO2 par an, ce qui en fait un contributeur significatif aux émissions totales de gaz à effet de serre.
Dans ce contexte, l’ANSM, l’Assurance Maladie et Cyclamed ont mené l’étude PERIMED pour identifier les classes thérapeutiques les plus concernées, analyser les facteurs qui mènent au non-usage et proposer des leviers d’action ciblés. L’analyse s’appuie sur 32 840 unités collectées entre avril et juillet 2025, représentant 1 125 spécialités pharmaceutiques différentes.
L’étude révèle que quatre classes thérapeutiques concentrent 80 % des retours : les médicaments du système respiratoire (25 %), ceux du système digestif et du métabolisme (21 %), ceux du système nerveux (21 %) et ceux du système cardiovasculaire (13 %). Environ 60 % des médicaments collectés sont périmés au moment de leur retour en pharmacie, ce qui souligne la nécessité d’améliorer le suivi des recommandations de l’ANSM.
Les médicaments à prescription obligatoire représentent près de 70 % des unités collectées. Leur retour en pharmacie peut être attribué à plusieurs facteurs, notamment des conditionnements inadaptés, des prescriptions inappropriées ou des problèmes d’observance. L’étude estime à 517 millions d’euros le coût annuel du gaspillage de médicaments pris en charge par l’Assurance Maladie.
Pour réduire le non-usage des médicaments, l’étude propose plusieurs actions concrètes, telles que l’adaptation des durées de conservation et l’amélioration des conditionnements. Les professionnels de santé jouent un rôle central dans cette démarche, en s’assurant de la pertinence des prescriptions et en encourageant le bon usage des médicaments.
Les campagnes de sensibilisation menées par l’ANSM et l’Assurance Maladie visent également à inciter les patients à rapporter les médicaments non utilisés à la pharmacie. De plus, une expérimentation de circuit sécurisé pour la redispensation de certains médicaments anticancéreux non utilisés est envisagée pour septembre 2026.
Source : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, Assurance Maladie, communiqué du 24 juin 2026.
