McDonald’s face à la montée des enseignes à bas prix : la guerre de la volaille est déclarée
Porté par l’inflation, le marché du poulet en restauration rapide explose en France et atteint 1,2 milliard d’euros. Face à l’émergence d’enseignes à bas coûts basées sur l’importation, McDonald’s réagit en sécurisant sa filière d’approvisionnement 100 % française.
Au pays du coq, le poulet est roi. Nuggets, tenders, pilons grillés… Ces dernières années, les chaînes de fast-food consacrées à cet aliment se sont multipliées. Le cabinet Food Service Vision estime que ce marché représente désormais 1,2 milliard d’euros, en hausse de 8 % sur un an. Actuellement, il y aurait environ 707 points de vente en France, le double d’il y a cinq ans.
Récemment, de jeunes enseignes comme Krousty Sabaïdi, Poulet Braisé ou Tasty Crousty ont explosé. Cette dernière, forte de son succès sur les réseaux sociaux, as écouler plus d’un million de barquettes de volaille sur un lit de riz par mois, menaçant les géants américains du fast-food.
Nuggets bleu blanc rouge
Les chiffres de McDonald’s sont impressionnants : 1.700 restaurants, 1,8 million de repas par jour et 1,2 milliard de nuggets vendus chaque année en France. Dans ce contexte, l’enseigne a récemment annoncé le renouvellement de son contrat avec le groupement d’éleveurs français Gaévol, garantissant l’approvisionnement de poulets pour trois ans. Ce groupe, lié à l’agro-industrie Avril, compte plus de 300 producteurs en Bretagne, Normandie et Pays de la Loire, fournissant 13.000 tonnes de volaille par an, soit 100 millions d’euros.
Une image à changer
Depuis son arrivée en France dans les années 2000, McDonald’s a engagé des efforts marketing pour améliorer son image. L’entreprise affirme que 75 % de sa matière première agricole provient de France, incluant l’intégralité des pommes de terre pour ses frites. Pour renforcer ce lien avec l’agriculture locale, des burgers utilisant des fromages AOP et de la viande charolaise ont été lancés.
Des poulets à croissance ultra-rapide, engraissés et malades
Le 28 juin, le prix d’un menu de neuf nuggets, une grande frite et une boisson était de 12 € chez McDonald’s, tandis qu’un demi-poulet avec riz ou pommes de terre chez Master Poulet était proposé à 7,50 €. Guillaume de Beaurepaire, directeur de la chaîne d’approvisionnement de McDonald’s, note que les consommateurs sont de plus en plus sensibles à la qualité des produits et à la traçabilité.
Cependant, des inquiétudes persistent. L’association belge de défense des animaux Gaia a signalé des pratiques d’élevage problématiques, avec des poulets engraissés en seulement 42 jours, entraînant des problèmes de santé. Contrairement à d’autres chaînes, McDonald’s n’a pas signé le « Better Chicken Commitment », une initiative visant à améliorer le bien-être animal.
Chacun sa cible. et le discours qui l’accompagne
Pierre Raffard, géographe spécialisé dans l’alimentation, souligne que le discours de McDonald’s peut ne pas résonner auprès des clients des nouvelles enseignes à bas prix, qui privilégient le rapport qualité-prix plutôt que la traçabilité.
En France, un poulet sur deux consommé est importé, principalement de Pologne et de Belgique. L’inflation galopante et l’érosion du pouvoir d’achat des Français influencent les choix des consommateurs, avec une augmentation de 6 % de la consommation de poulet en un an.
Source : BFM Business
