« MBS », l’incontournable prince saoudien, accueilli en France
Le prince héritier de l’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salmane, a été accueilli à Paris à l’invitation d’Emmanuel Macron, dimanche soir. Sa visite a coïncidé avec la cérémonie de clôture de l’Esports World Cup, un événement organisé pour la première fois en dehors du royaume en raison des tensions au Moyen-Orient. Cette manifestation, qui reflète le soft power saoudien, est également une passion personnelle pour MBS, qui est apparu souriant, éloigné de son image de paria depuis l’assassinat en 2018 du journaliste Jamal Khashoggi.
Diversifier les alliances
La realpolitik semble avoir repris le dessus, repositionnant l’Arabie saoudite comme un acteur central dans le paysage géopolitique. David Rigoulet-Roze, spécialiste du Moyen-Orient, souligne que « MBS fait de la polygamie diplomatique », cherchant à diversifier ses alliances pour réduire la dépendance aux États-Unis, même si sa défense reste liée à Washington.
Cette stratégie a été mise en avant lundi, lors de la première réunion du Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien. Un projet ambitieux a été annoncé : l’Arabie saoudite prévoit d’investir 6 milliards d’euros dans trois parcs à thème à Cergy-Pontoise, dont l’un sera consacré à l’univers des mangas, générant environ 22 000 emplois.
Alignés sur les grands dossiers du Moyen-Orient
Les enjeux au Moyen-Orient demeurent nombreux, incluant l’Iran, le Liban, Gaza, la solution à deux États et la Syrie. Paris et Riyad affichent un alignement sur plusieurs questions clés, comme en témoigne leur initiative conjointe pour la reconnaissance de l’État de Palestine à l’ONU.
De plus, la guerre en Iran a précipité une recomposition des alliances, avec la conclusion d’un pacte de défense en août entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan. David Rigoulet-Roze précise que ce pacte associe la puissance financière de l’Arabie saoudite, la dimension militaire de la Turquie, et le soutien financier pour le Pakistan, formant ainsi un accord tripartite sunnite.
Une relation économique à consolider
La France vise à renforcer ses relations économiques avec le royaume. Dans le cadre du projet Vision 2030, qui cherche à diminuer la dépendance du pays au pétrole, MBS engage une diversification économique, soutenue par Paris. Parmi les projets futurs, on note le renouvellement du partenariat autour du site archéologique d’Al-Ula, sous le patronage de l’ancien ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.
La défense constitue également un axe crucial de cette relation. L’Arabie saoudite cherche à améliorer ses capacités de défense aérienne, ayant été exposée aux conséquences de la guerre avec l’Iran. Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense, indique que « le seul fournisseur alternatif en termes d’armement pour Riyad, c’est la France », soulignant l’importance de ce partenariat dans le contexte géopolitique actuel.
Source : Le Télégramme



