« On ne se déconnecte jamais, on travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre » : Maxime et Vanessa, famille d'accueil pour aînés à Pont-du-Casse

On ne se déconnecte jamais, on travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre : Maxime et Vanessa, famille d’accueil pour aînés à Pont-du-Casse

Depuis février, ce jeune couple du Lot-et-Garonne a transformé sa maison en lieu de vie pour trois personnes âgées, entre attachement, fatigue et sens retrouvé.

Maxime Menichini et Vanessa Coimbra, agrémentés depuis février 2026, accueillent trois résidents dans leur domicile à Pont-du-Casse. Ancien préparateur en pharmacie, Maxime a choisi de changer de voie, inspiré par l’expérience de sa mère, qui est accueillante familiale depuis près de trente ans. Vanessa, quant à elle, a une formation en boulangerie et en accueil d’enfants à domicile. Leur agrément a été obtenu après plusieurs entretiens, incluant une évaluation psychologique, afin de garantir la viabilité de leur projet.

La maison, agrandie de trois chambres et adaptée aux normes, a nécessité un investissement de cinquante mille euros. Les résidents, Jean, atteint d’Alzheimer à un stade avancé, Yveline, souffrant d’aphasie primaire progressive, et Yvette, en accueil temporaire, vivent ensemble dans ce cadre. Maxime décrit Jean comme « très gentil, toujours poli, toujours souriant », tandis qu’il évoque les gestes répétitifs d’Yveline, soulignant une mémoire musculaire persistante.

Le quotidien de la famille d’accueil est rythmé par des visites d’infirmiers et de kinésithérapeutes, ainsi que par les soins quotidiens. Maxime explique que « les journées sont longues, les nuits sont courtes », et Vanessa ajoute qu’il peut se passer des événements même la nuit. Le couple se relaie pour gérer la charge de travail, se disant chanceux de pouvoir partager cette responsabilité.

L’intimité avec les résidents représente un défi. Maxime souligne que « l’on ne se déconnecte jamais », précisant qu’ils travaillent tous les jours, sans interruption. Financièrement, le couple facture 2200 euros nets par résident, un tarif qu’ils justifient par l’absence de cotisation chômage, alertant sur la nécessité d’une meilleure protection sociale pour les familles d’accueil.

La question du deuil est également présente dans leur quotidien. Maxime affirme maintenir une distance professionnelle, convaincu que les résidents vivront leurs derniers instants dans de bonnes conditions. Cet équilibre entre lucidité et tendresse est essentiel pour le couple, qui s’efforce de gérer une maison avec trois résidents.

Source : La Dépêche.

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