Nos exploitations doivent devenir plus résilientes : Mathieu Théron prend la tête de la FDSEA du Cantal
À seulement 33 ans, Mathieu Théron devient le nouveau visage de la FDSEA du Cantal. Élu le 17 juillet 2026 par le conseil d’administration réuni à Sénezergues, l’éleveur de Roannes-Saint-Mary succède à Joël Piganiol, qui occupait la présidence depuis neuf ans.
Cette transition a été préparée depuis près d’un an, comme l’explique Mathieu Théron : « Avec Joël, nous préparions cette transition depuis un an. Je n’arrive pas de nulle part. La majorité des dossiers, je les connais. »
Une transition préparée de longue date
Installé depuis 2017 au sein du GAEC Élevage Théron avec son père et son frère, il gère un élevage de bovins Limousins, complété par du maraîchage et des châtaignes. Son engagement syndical a débuté chez les Jeunes Agriculteurs en 2013, et il a été président des JA du Cantal de 2020 à 2024. « Joël avait besoin de passer à autre chose. Trois mandats, c’est déjà beaucoup. Le renouvellement est normal dans un syndicat, mais il n’y a pas de rupture. »
Une situation d’urgence
Mathieu prend ses fonctions à un moment où les prairies jaunissent, dans un contexte qualifié d’exceptionnel par de nombreux éleveurs. « On est très inquiets pour les semaines à venir. Beaucoup d’éleveurs sont en rupture de pâturage depuis la mi-juin et distribuent déjà le fourrage destiné à l’hiver. Six mois de sécheresse, c’est beaucoup trop long. »
Le mois d’août pourrait aggraver cette situation. Le manque d’herbe n’est pas le seul problème : les réserves d’eau diminuent et les possibilités d’approvisionnement se réduisent. « Cette année, tout est sec. On ne peut plus compter sur la solidarité française. »
Face à cette situation inédite, la FDSEA réactive ses contacts. « Même nos contacts espagnols ne sont pas dans une situation confortable. On sait qu’il y aura de la décapitalisation : certains éleveurs devront réduire leur cheptel parce qu’ils n’auront plus les moyens de nourrir tous leurs animaux. » Le syndicat travaille avec la FNSEA et les services de l’État pour obtenir la reconnaissance du Cantal en calamité agricole.
Une vision à long terme
Pour Mathieu Théron, l’urgence est de trouver du fourrage et d’accompagner les exploitations les plus fragiles. Toutefois, il refuse de limiter son mandat à la gestion des crises. « Il faudra répondre à l’urgence, . Mais ce que je veux défendre, c’est une vision à long terme. Nos exploitations doivent devenir plus résilientes. »
Le terme « résilience » revient fréquemment dans son discours, soulignant la nécessité d’anticiper les aléas climatiques, qui ne sont plus exceptionnels mais récurrents.
Investir pour s’adapter
Cette adaptation nécessitera des investissements. « Il faudra développer les capacités de stockage, de l’eau pour abreuver les animaux, de l’eau pour certaines cultures, mais aussi davantage de stockages de fourrage. Pas plus tard qu’hier, des adhérents nous appelaient parce qu’ils n’avaient plus d’eau au robinet. Ce sont des situations auxquelles il faut apporter des réponses durables. »
Défendre les revenus des agriculteurs
Parmi les priorités figurent également la rémunération des agriculteurs et le renouvellement des générations. « Notre premier combat reste le revenu. Un agriculteur doit pouvoir vivre de son métier. Dans les dix prochaines années, près de la moitié des exploitants cantaliens partiront à la retraite. Il faudra réussir à transmettre nos fermes. »
Avec près de 2 500 exploitations adhérentes, la FDSEA entend s’appuyer sur la force de son réseau. « Le collectif est notre plus grande richesse. Être dans un grand syndicat, c’est parfois partager les mêmes positions que la FNSEA, parfois non, mais c’est toujours chercher ensemble des solutions. »
Source : Actu.fr


