La littérature d’ameublement : un pamphlet à redécouvrir
La littérature d’ameublement, ouvrage de Mathieu Terence, s’inscrit dans une tradition de critiques acerbes du milieu littéraire, une tradition qui s’est peu à peu estompée depuis la publication de La Littérature à l’estomac de Julien Gracq en 1950. Dans son livre, Terence se positionne aux côtés de quelques rares pamphlets notables, tels que Les Chiens à fouetter de François Nourissier et Nos amis les lettres d’Éric Neuhoff, en dénonçant les dérives de l’industrie culturelle.
Dans un contexte où l’art véritable semble écrasé par une industrie littéraire dominée par des « livreurs », Terence souligne la perte d’authenticité dans l’écriture contemporaine. Il observe que de nombreux écrivains s’effacent derrière des figures qui privilégient le rendement et la popularité. À travers ses réflexions, il évoque la méconnaissance des grands noms de la littérature, en comparant cette ignorance à celle de scientifiques qui n’auraient jamais entendu parler de Galilée ou Newton.
En parallèle, l’auteur critique les « journalistes-livres » qui, selon lui, ont remplacé les critiques littéraires, contribuant ainsi à un nivellement par le bas dans le paysage littéraire. Ce constat soulève des questions sur la qualité de la critique littéraire actuelle et sur l’avenir de la véritable littérature.
La littérature d’ameublement est publié aux Éditions du Cerf et compte 94 pages, au prix de 9,90 euros.
Source : L’Express
