Martine Barrat : Une rétrospective marquante aux Rencontres d’Arles
Une image saisissante ouvre la rétrospective consacrée à Martine Barrat aux Rencontres d’Arles : une jeune femme, Vickie, frissonne dans un lit, une cigarette à la main, tandis qu’un nourrisson dort contre elle. À 17 ans, Vickie préside un gang de filles du South Bronx et vient de sortir de l’hôpital sans ressources pour se chauffer. Cette photographie, emblématique de l’œuvre de Barrat, attire chaque jour de nombreux visiteurs, avec jusqu’à 30 minutes d’attente pour y accéder.
Martine Barrat, née en 1933 à Oran, grandit dans un environnement bourgeois, influencée par la lutte contre le racisme qu’elle observe dès son enfance. À 15 ans, elle quitte sa famille pour travailler sur un paquebot, découvrant ainsi l’indépendance. Sa carrière artistique débute à Paris, où elle se tourne vers la danse et le théâtre, formant des liens avec des figures emblématiques comme Yves Saint Laurent.
En 1968, une rencontre avec Ellen Stewart, fondatrice de La MaMa Experimental Theatre Club à New York, lui permet de quitter l’Europe. Une bles met fin à sa carrière de danseuse, mais elle se réinvente en réalisant des ateliers pour enfants et en s’immergeant dans la culture du Lower East Side.
Barrat obtient sa première caméra vidéo grâce à Félix Guattari et commence à filmer des membres de gangs au South Bronx. Son premier film, The Trial, est réalisé avec des membres du gang des Roman Kings, transformant son approche en un processus collaboratif. Elle refuse de romancer la vie des personnes qu’elle photographie, s’engageant à leur donner une voix authentique.
L’exposition Soul of the City à Arles met en lumière son travail, qui allie engagement social et intimité. Barrat, toujours active à 90 ans, réside au Chelsea Hotel, où elle continue de photographier et de capturer la vie autour d’elle, insistant sur l’importance de vivre intensément chaque moment.
L’exposition est à voir à l’Espace Van Gogh, à Arles, jusqu’au 4 octobre 2026.
Source : Blind Magazine


