Du château d’If à la Magalone : cette entreprise marseillaise restaure le patrimoine depuis 200 ans
Depuis 1830, l’entreprise marseillaise Vivian & Cie se consacre à la restauration du patrimoine local, en mettant son expertise en taille de pierre, maçonnerie patrimoniale et couverture ancienne au service d’édifices emblématiques de la ville. Parmi ses projets récents figure la restauration de la bastide de la Magalone, un monument historique du XVIIIe siècle.
À la tête de l’entreprise, Renaud Quercia, originaire du 12e arrondissement de Marseille, dirige les chantiers avec deux principes fondamentaux : laisser derrière soi un chantier impeccable et respecter l’histoire des lieux restaurés. Le chantier de la Magalone, dont la restauration du jardin doit s’achever en août 2026, a été choisi en raison de son riche passé.
L’histoire de Vivian & Cie est intimement liée à celle de Marseille. À la fin du XIXe siècle, la ville connaît une expansion significative, avec des projets tels que le développement du quartier de la Joliette. L’entreprise a évolué au fil des décennies, rachetée par Grands Travaux du Midi dans les années 1960, puis fusionnant avec Les Compagnons de Castellane en 1995. En 2020, la majorité des actions a été cédée au groupe Ateliers de France, tout en maintenant une part du capital détenue par les salariés.
L’entreprise réalise entre deux et trois grands chantiers de réhabilitation par an, dont 40 % du chiffre d’affaires provient de Marseille. Les artisans de Vivian & Cie sont formés à l’école d’Avignon, spécialisée dans la réhabilitation du patrimoine architectural.
Cependant, l’entreprise fait face à des défis financiers. Actuellement, 80 % des appels d’offres auxquels elle répond sont des marchés publics. En raison d’une réduction prévue de 38 % des budgets alloués par les Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) pour la restauration du patrimoine en 2026, Renaud Quercia envisage de diversifier ses activités vers une clientèle privée haut de gamme. Cette stratégie vise à atteindre une part de 30 % de marché privé d’ici 2027, tout en maintenant l’intégrité et le caractère patrimonial des projets.
Cet article s’inspire de l’article original publié sur Made in Marseille.