Rue d’Aubagne à Marseille : « On a peur »
Les évacuations de 11 personnes des 21, 23 et 25 rue d’Aubagne à Marseille, ce jeudi 2 juillet 2026, réveillent de tristes souvenirs aux habitants du quartier. Rinas, résidant au 21 rue d’Aubagne, cherche à rentrer dans son appartement le vendredi 3 juillet. Face aux barricades de sécurité, il tente de négocier avec un vigile et un agent municipal pour récupérer quelques affaires. « L’immeuble d’en face menace de s’effondrer, ils nous ont évacués à la dernière minute », déclare-t-il.
Des fiss au 16 rue d’Aubagne et des expertises en cours
L’évacuation a été précipitée après que des techniciens travaillant sur l’immeuble du 16 rue d’Aubagne ont découvert des fiss. Audrey Garino, adjointe à la mairie de Marseille en charge du logement, explique : « Pour ne prendre aucun risque, nous avons très vite pris la décision de mettre en sécurité les habitants des immeubles d’en face. Les logements voisins étaient déjà vides. » Des expertises sont en cours pour évaluer le danger lié à ces fiss. « Nous avons stoppé le chantier et engagé un périmètre de sécurité pour éviter des bless potentielles », précise l’élue.
Contexte de dégradation des logements
La mairie estime qu’environ 40 000 logements dans le centre-ville de Marseille sont en « forte dégradation ». Depuis cinq ans, 1 000 logements ont été réhabilités et réintégrés dans le parc locatif. Cependant, chaque semaine, de nouvelles mises en sécurité sont signées par l’élue, indiquant un problème persistant dans la gestion de l’habitat.
Une peur persistante dans le quartier
Les souvenirs du 5 novembre 2018, date de l’effondrement d’immeubles dans le quartier, hantent les résidents. Gilles, un habitant, confie : « On est accablés et on a peur. On a peur que ça s’écroule au moment où on boit un café. » Fabienne, une voisine, partage cette angoisse et déplore le manque de transparence de la municipalité : « On doit aller chercher l’information nous-mêmes, on ne sait pas ce qu’il se passe. »
Audrey Garino as que la municipalité prend en compte ces inquiétudes. « C’est un travail au très long cours et nous sommes déterminés à avancer car nous connaissons l’urgence et la problématique de notre ville », conclut-elle.
Source : Radio France – Julia Beaufils.