Mégots, emballages plastiques, métaux lourds… Marseille face à la marée de déchets l’été
Chaque été, le littoral marseillais est envahi par les déchets. Les poubelles débordent aux entrées des plages, et des mégots, bouteilles vides et emballages alimentaires jonchent le sol. Serge, 72 ans, résidant au Vallon des Auffes, déclare : « Les touristes sont entassés comme des sardines. Alors forcément, plus de monde, c’est plus de personnes susceptibles de polluer. »
Depuis près de dix ans, des initiatives de nettoyage sont mises en place. En juin dernier, 400 kilos de déchets, incluant des trottinettes et des micro-ondes, ont été retirés des fonds marins par l’association des amis du Vallon des Auffes. Nayawaro Mendy, de l’association Un déchet par jour, souligne que 80 % des déchets trouvés en mer proviennent de la terre, insistant sur la nécessité d’une vigilance accrue. Les déchets non ramassés stagnent longtemps : le verre met 4 000 ans à se décomposer, une canette 500 ans, et un chewing-gum cinq ans.
Adapter les collectes aux besoins des touristes et des Marseillais
À l’Estaque, au Prado et à la Pointe-Rouge, l’association Clean my Calanques a collecté plus de 25 000 mégots depuis le mois de mai. Eric Akopian, cofondateur de l’association, indique que la fréquentation touristique aggrave l’érosion des sols et perturbe la faune locale. Il met également en garde contre l’impact des crèmes solaires non respectueuses de l’environnement.
Au cours des deux derniers mois, les équipes de la Ville ont débarrassé plus de 380 tonnes de déchets du littoral. Les cantonniers effectuent des nettoyages quotidiens dès 6 heures du matin, avec une intensification des opérations sur la plage du Prado, où deux ramassages par jour sont prévus. La municipalité précise que l’objectif est d’adapter les collectes aux besoins des touristes et des Marseillais.
Des mes supplémentaires sont mises en œuvre pour réduire l’impact du tourisme. Depuis cinq ans, la réservation obligatoire de la calanque de Sugiton a permis une régénération de la nature, tout comme la restriction des places de parking aux Goudes, une zone de forte pollution. L’adjoint à l’environnement, Hervé Menchon, souligne l’importance de sensibiliser habitants et touristes aux conséquences de leurs actions sur la nature.
Source : La Provence
