Marine Le Pen : À peine condamnée, la cheffe de file du RN est déjà en campagne
Dans les rues de La Flèche, Marine Le Pen a lancé sa campagne présidentielle, mercredi 8 juillet, au lendemain de sa condamnation à trois ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, pour détournements de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Les électeurs présents ne semblent pas gênés par cette condamnation, tandis que des militants insoumis et écologistes tentent de faire entendre leur voix.
À La Flèche (Sarthe), Marine Le Pen est en terrain conquis, dans une ville remportée par le RN lors des dernières élections. Elle s’affiche radieuse, se prêtant à des selfies et à un bain de foule. Lors de ce premier déplacement avec Jordan Bardella, elle a déclaré : « Ça lance le signal que nous entrons tous les deux pour cette campagne présidentielle », un signal bien reçu par de nombreux électeurs du RN.
Aucun des partisans présents ne semblait troublé par sa condamnation. Une militante a exprimé sa satisfaction : « Je suis contente pour elle, qu’elle n’ait pas le bracelet et qu’elle puisse faire sa candidature. » Un autre électeur a affirmé : « Je veux qu’elle soit élue, parce que c’est la meilleure. »
Jordan Bardella, quant à lui, apparaît moins souriant qu’à l’ordinaire, semblant un peu crispé. Interrogé sur sa déception de ne pas être candidat, il a répondu ressentir « ni du soulagement, ni de la déception », ajoutant que « la campagne démarre, et nous affrontons maintenant une échéance électorale. »
Cependant, la campagne se déroule sous tension, car des manifestants insoumis et écologistes sont également présents, tenus à distance par les forces de l’ordre. Les chants « Marine en prison » résonnent, et un manifestant a déclaré : « J’estime que quand on est condamné pour avoir détourné de l’argent public, on n’a pas à se présenter à la présidentielle. »
Les critiques de ses opposants rappellent que Marine Le Pen avait un discours plus sévère sur la probité en politique. En 2013, elle avait déclaré : « Moi, j’ai entendu le président de la République dire : oui, ce qu’il faudrait, c’est rendre inéligible à vie ceux qui ont été condamnés pour corruption et fraude fiscale. » Aujourd’hui, elle défend son innocence, affirmant : « Je suis innocente, monsieur, c’est pour ça que je fais un pourvoi en cassation. »
Malgré cela, Marine Le Pen multiplie les réunions pour organiser sa campagne cet été.
Source : Franceinfo
