A la marche au flambeau de la CGT Commerce contre la « casse sociale »
Ce 3 décembre, environ un millier de salariés du commerce ont défilé au flambeau dans les quartiers chics de Paris à l’appel de la CGT. Les manifestants ont voulu rappeler aux grands magasins de luxe que leurs profits ne se font pas sans eux, tout en demandant l’arrêt des destructions d’emploi dans le secteur et une augmentation des salaires.
Les flammes des torches se mêlaient aux guirlandes de Noël installées sur les boulevards de la capitale. Les participants, portant des chasubles rouges à l’effigie de Che Guevara, ont commencé leur marche place de l’Opéra, poursuivant leur route à travers les rues haussmanniennes pour la deuxième année consécutive. Amar Lagha, secrétaire de la fédération commerce et services du syndicat, a déclaré : « On veut envoyer un message aux patrons qui détruisent l’emploi : arrêtez la casse sociale ». Le secteur du commerce est particulièrement touché par une vague de licenciements, affectant des entreprises telles que Casino, Auchan, Leroy Merlin, et Carrefour.
Franchiser pour ne pas licencier ?
Christophe, un salarié d’un entrepôt logistique, a fait le déplacement depuis Aix-Marseille. Il a exprimé ses préoccupations concernant les augmentations de salaires et la répression au travail. Après 23 ans dans le secteur, il a vu son salaire stagner à 2000 euros brut, tout en subissant une baisse d’activité au sein de son entreprise.
Cédric, délégué syndical depuis six ans, a souligné que sans les travailleurs, les entreprises n’auraient pas de dividendes. Il a mentionné un plan social affectant 2400 personnes, tout en soulignant que la veille, la famille Mulliez avait versé 1 milliard de dividendes.
La stratégie de franchiser les magasins pour éviter les licenciements a été critiquée. Selon Laurent Lamaury, délégué syndical central chez Carrefour, cette méthode permet aux entreprises de se débarrasser des salariés tout en préservant leurs profits.
Conséquences des changements dans le secteur
Les manifestants ont également fait état de la perte d’avantages acquis, comme les primes d’ancienneté ou les congés payés. Béatrice, une hôtesse de caisse, a partagé son expérience, indiquant qu’elle n’a pas vu son salaire évoluer depuis 2006. Le cortège a défilé devant des enseignes prestigieuses, où les employés ont également fait état de salaires stagnants.
Les participants ont exprimé leur désir d’un statut unique pour les travailleurs du commerce afin d’asr des droits équitables, quelle que soit leur enseigne. Maximilien, un autre salarié, a mis en avant la nécessité d’une protection sociale renforcée en cas de restructuration.
Cette marche a révélé des préoccupations croissantes concernant les conditions de travail et les rémunérations dans le secteur du commerce, soulignant les défis auxquels font face les employés dans un contexte économique difficile.
Sources : CGT, Le Figaro, Le Monde.
