Manque de places en ULIS : des enfants en difficulté et des parents désemparés
La rentrée scolaire n’a pas apaisé les inquiétudes des familles face au manque de places en dispositifs ULIS dans les collèges. Malgré les propositions d’affectation du rectorat, de nombreux enfants, comme Alice, se retrouvent éloignés de leur domicile, ce qui complique leur intégration et leur accès à un soutien adapté. Les parents, désemparés, dénoncent une scolarisation inadaptée.
Le rectorat rappelle que tous les enfants concernés ont reçu une proposition d’affectation. Toutefois, cette réponse ne satisfait pas les familles lorsque l’établissement proposé se trouve loin de leur domicile. Certains enfants se voient affectés à des collèges situés à plusieurs dizaines de kilomètres, engendrant des temps de transport pouvant atteindre une heure. Pour Christian Mendivé, directeur académique des services de l’Éducation nationale de la Haute-Garonne, ces affectations sont des solutions proposées aux familles. Cependant, pour les parents, la question ne se limite pas à la simple existence d’une place. À cet âge, quitter ses camarades de primaire et intégrer un collège inconnu, tout en effectuant de longs trajets quotidiens, représente une difficulté supplémentaire pour des enfants déjà fragilisés.
Claire Delvosalle, la mère d’Alice, témoigne de cette réalité. Sa fille, qui a intégré le collège cette semaine, n’a pas pu bénéficier du dispositif ULIS. « Elle est revenue en pleurs ce soir », confie sa mère. Plusieurs cours se sont déroulés sans l’accompagnement d’un AESH, notamment en anglais, une matière qu’Alice n’avait jamais pratiquée. En mathématiques, une seule AESH s’occupait de quatre enfants, ce qui n’a pas permis à Alice de recevoir l’aide nécessaire. Les difficultés d’intégration s’ajoutent à ces problèmes, alors que des groupes d’amis se sont déjà formés entre élèves venant des mêmes écoles primaires. Alice a essayé de se rapprocher d’un groupe, mais sans succès. « Ça me fait mal au ventre de savoir tout ce qu’elle vit », déclare Claire, qui devait rencontrer le professeur principal.
Une autre situation préoccupante concerne un enfant autiste qui n’a pas pu effectuer sa rentrée. Sa mère a été invitée à le garder à la maison, faute de solution adaptée. Cette rentrée scolaire met ainsi en lumière la différence entre une affectation administrative et une scolarisation véritablement adaptée aux besoins de l’enfant. « On ne sait plus quoi faire », confie une mère, en larmes après son passage dans un reportage. En arrêt maladie, elle souligne que cette situation « ronge » les parents qui voient leurs enfants souffrir.
Ainsi, bien que la rentrée soit passée, le problème demeure entier pour les familles qui demandent une place en ULIS dans un collège de proximité. Derrière les chiffres et les affectations, ce sont des enfants qui vivent concrètement les conséquences de cette absence de solution.
Source : France 3 Régions



