Management participatif : l’hypocrisie des ateliers collaboratifs quand les décisions sont déjà prises
Il semble qu’aujourd’hui, il y ait une croissance des ateliers et séminaires collaboratifs, souvent encadrés par des consultants, durant de demi-journée à une journée entière. Si ces pratiques managériales sont mal encadrées et trop fréquentes, elles peuvent engendrer des effets pervers.
Évaluation morale de loyauté à l’entreprise
Le premier risque consiste à évaluer les collaborateurs sur leur participation à ces rituels, plutôt que sur des résultats objectifs inscrits sur leur fiche de poste. L’engagement dans ces réunions devient un indicateur implicite de l’adhésion du collaborateur aux valeurs de l’entreprise. Pour ceux qui s’y soustraient, la stigmatisation peut survenir, les qualifiant de « pas motivés » ou « pas corporate ».
Surcharge de travail et perte de temps
La participation à ces réunions collectives peut constituer un coût invisible et caché. Les collaborateurs, ayant du mal à se défausser sans risquer d’être perçus comme non engagés, finissent par devoir rattraper leur charge de travail, ce qui implique souvent de travailler davantage. Des études montrent qu’« plus il y a de réunions, moins il y a de concentration et de qualité de travail », augmentant ainsi la fatigue et la vulnérabilité, et pouvant devenir une source de risques psychosociaux (RPS) sur le long terme.
Légitimer le travail des managers
Un troisième risque est d’utiliser la participation comme un moyen de justifier le rôle, voire le statut de manager. Ce dernier pourrait être perçu comme un acteur clé dans l’animation des équipes, la coordination des actions, et la mobilisation des collaborateurs. Cependant, ces pratiques, loin de favoriser la performance, semblent plutôt infantiliser les équipes, contribuant à ce que certains appellent la kakistocratie, ou le règne des incompétents.
En conclusion, la multiplication des ateliers collaboratifs, loin d’être un signe de progrès managérial, pourrait masquer des pratiques plus problématiques au sein des entreprises.
Source : RTBF
