Mali : Offensive des jihadistes et des indépendantistes
Deux mois et demi après leur première offensive d’envergure, les jihadistes du Jnim, affiliés à al-Qaïda, et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont mené de nouvelles attaques ce week-end, touchant le pays du nord au sud.
Selon le site Afrik.com, des affrontements se poursuivaient encore à la mi-journée à Anefis, une localité stratégique sur l’axe menant vers Kidal. À ce moment-là, la ville était sous le contrôle des groupes armés. Les combattants du FLA et leurs alliés retenaient également des militaires maliens capturés lors des combats. Les Forces armées maliennes, soutenues par des combattants russes de l’Africa Corps, étaient retranchées dans leur camp militaire. Des hélicoptères de l’armée ont été déployés pour évacuer des blessés et acheminer du ravitaillement, mais n’ont pas pu se poser en raison de la situation sécuritaire.
Cette nouvelle vague d’attaques accentue la pression sur le général Assimi Goïta et ses partenaires russes. La perte d’Anefis serait un coup dur pour la junte de Bamako, car cette ville est un nœud stratégique pour les rebelles du FLA, leur permettant de sanctuariser la région de Kidal, tout en verrouillant l’accès à Gao et Tombouctou, qui sont des cibles potentielles.
La presse malienne relaye les communiqués de la junte, affirmant que toutes les attaques menées par des groupes armés ont été repoussées. Selon Sahel Tribune, 26 terroristes auraient été neutralisés et la situation serait sous contrôle, avec des opérations de ratissage en cours.
La situation pourrait également être exacerbée par une internationalisation du conflit. Le quotidien L’Aube souligne que la guerre asymétrique a évolué, impliquant des mercenaires recrutés à l’international, y compris des combattants algériens et des vétérans de divers conflits. L’Ukraine est soupçonnée d’avoir fourni des instructeurs, dans un cadre de guerre indirecte contre la Russie, présente au Mali.
La dégradation sécuritaire au Mali s’est accélérée depuis septembre dernier. Face à un blocus imposé par le JNIM autour de Bamako et à des attaques coordonnée sur l’ensemble du territoire, le général Goïta est confronté à un défi intérieur majeur, rendant le Mali de plus en plus déconnecté de ses ambitions régionales.
Sans réformes profondes dans la gouvernance et dans la gestion des ressources naturelles, les causes de la violence, telles que les frustrations socio-économiques et la marginalisation politique, continueront d’alimenter l’instabilité.
Source : RFI
