Mali : Les indépendantistes du FLA diffusent une vidéo de plus de 200 militaires prisonniers
Au Mali, les rebelles indépendantistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont publié, le 31 juillet, une vidéo montrant plus de 200 militaires maliens capturés. Ces soldats ont été arrêtés le 25 avril et en juillet, lors de la prise de Kidal par le FLA et ses alliés jihadistes du Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (Jnim), ainsi que durant les combats pour le contrôle d’Anefis. L’armée malienne, soutenue par des partenaires russes de l’Africa Corps, a subi de lourdes pertes dans ces affrontements. La vidéo est diffusée dans un contexte marqué par l’exécution, le 18 juillet, de militaires maliens prisonniers, lors d’une embuscade.
La vidéo, d’une durée d’environ onze minutes, montre 208 soldats maliens en tenue civile, assis dans le sable, devant des tissus tendus. Ceux-ci se présentent et donnent leur matricule. Selon le FLA, ces soldats proviennent principalement de l’armée de terre, mais incluent également des policiers et gendarmes. Un des prisonniers, qui date l’enregistrement au 28 juillet, mentionne que certains de ses camarades ne sont pas présents car ils sont « dans un centre de soins ». Les militaires affirment être bien traités, bien que certains expriment des critiques à l’encontre de la junte au pouvoir à Bamako.
Le FLA détient également une vingtaine de militaires capturés lors d’attaques précédentes entre septembre 2023 et juillet 2024. La publication de la vidéo vise à rasr les familles, alors que les autorités de transition n’ont pas entrepris d’actions pour leur libération.
Le 29 juillet, Amnesty International a qualifié les exécutions de prisonniers lors de l’embuscade de Tabrichat de « crimes de guerre » et a demandé des sanctions contre les responsables. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a également exprimé des préoccupations concernant les actes de torture et les meurtres de soldats maliens.
Parallèlement, l’armée malienne a mené plusieurs frappes aériennes dans la région de Kidal, qui auraient causé des victimes civiles, selon l’ONG CD-DPA. Des frappes de drones à Talahandak ont fait au moins trois morts et six blessés, tous de nationalité nigérienne, tandis que d’autres frappes ont touché Ikharabane, entraînant six morts et une vingtaine de blessés, principalement des orpailleurs.
Cette situation souligne la complexité du conflit au Mali, où les tensions entre les forces gouvernementales et les groupes armés continuent d’engendrer des souffrances humaines.
Source : RFI


