Mali : jugé pour complot, le colonel Kassoum Goïta déballe ses vérités sur les dirigeants de la Transition

Mali : Le Colonel Kassoum Goïta dévoile des vérités lors de son procès pour complot

Au Mali, le procès concernant une « tentative de complot contre le gouvernement » se poursuit à la cour d’appel de Bamako. Ce jeudi 15 juillet marque la troisième journée d’audience, avec six co-accusés liés à l’ancien président de transition, Bah N’Daw. Nommé par les militaires à la suite du coup d’État d’août 2020, Bah N’Daw a été renversé en mai 2021 par ces mêmes militaires, qui l’accusaient de vouloir écarter certains d’entre eux du gouvernement.

Lors des deux premières journées, cinq des six accusés ont pris la parole. Le colonel Kassoum Goïta, ancien chef de la Sécurité d’État, a présenté sa défense en exposant des allégations sur les militaires actuellement au pouvoir.

Kassoum Goïta a affirmé qu’il n’y avait aucun intérêt à comploter en faveur de Bah N’Daw, qui ne souhaitait pas prolonger son mandat. Il a également expliqué que son ancien poste lui avait permis d’accéder à des informations sensibles, expliquant ainsi son enlèvement et sa détention.

Détournements de fonds

Le colonel a accusé les militaires de la Transition d’avoir détourné des fonds publics de l’ère d’Ibrahim Boubacar Keïta, l’ancien président renversé, en les plaçant sur des comptes offshore via le ministre de l’Économie, Alousséni Sanou. Bien que Bah N’Daw ait été alerté, il n’aurait pas réussi à récupérer ces fonds.

Plan pour se maintenir au pouvoir

Goïta a également révélé qu’un plan avait été élaboré par les militaires pour conserver le pouvoir au-delà des promesses initiales, un projet que Bah N’Daw aurait refusé. La Transition, qui dure depuis près de six ans, est ainsi remise en question.

En dépit des interruptions du procureur général, le colonel a évoqué des tortures subies en détention. Un des co-accusés, Sandi Ahmed Saloum, a corroboré ces allégations, décrivant les sévices infligés, des photos étant jointes au dossier.

Violations des droits

Les avocats de la défense ont soulevé des questions sur les tortures, les enlèvements et les détentions illégales, ainsi que sur les vices de procédure. Leur demande de nullité des poursuites a été rejetée par la cour, tout comme l’application d’une loi d’amnistie votée en septembre 2021, qui protège les auteurs des coups d’État.

Ce jeudi, l’ancien secrétaire général de la présidence, Kalilou Doumbia, doit également témoigner. L’unique témoin des accusations de complot, un militaire, est absent depuis le début du procès.

Source : RFI.

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