Mali : Application disparate de l’interdiction des motos hors des grandes villes
Le ministère des Transports du Mali a annoncé une « opération spéciale » à partir du lundi 15 juin pour immatriculer tous les engins à deux ou trois roues circulant sans plaque réglementaire. Cette décision, prise le 10 juin, fait suite à des « impératifs sécuritaires actuels ». Déjà, le 3 juin, une interdiction des motos de 125 cm³ et plus en dehors des grandes villes avait été mise en place, suscitant de vives réactions, surtout dans les zones rurales où ces véhicules sont essentiels. Près de dix jours après l’entrée en vigueur de cette me, son application se révèle très inégale à travers le pays.
De nombreux Maliens commencent à s’adapter à cette nouvelle réglementation. Un notable de Niono indique : « Désormais, nous utilisons des voitures ou des petites cylindrées, nous suivons les consignes. » Cependant, d’autres continuent d’utiliser leurs motos sans crainte. Un habitant de Koutiala rapporte que « des agriculteurs sont venus en nombre à une rencontre avec leurs grosses cylindrées sans être interpellés par les forces de sécurité ». À Siby et dans d’autres villages, les motos circulent normalement malgré les checkpoints.
D’autres sources signalent des arrestations et confiscations de motos, notamment en périphérie de Bamako, Mopti ou Gao. Des individus auraient été libérés sans leur véhicule, tandis que d’autres restent détenus dans des camps militaires. Ces disparités dans l’application de la loi soulèvent des questions quant à la flexibilité des forces de sécurité.
L’application de l’interdiction varie selon les situations locales. Dans le cercle de Bankass, des accords locaux ont été conclus avec le JNIM, permettant aux motos de circuler librement. En revanche, dans des zones comme Nampala, la méfiance des militaires envers les motos persiste, rendant leur utilisation plus difficile.
Les prix du carburant sur le marché noir continuent d’augmenter, rendant l’approvisionnement des stations-services insuffisant. À Gao, le litre de carburant coûte environ 2 000 francs CFA, tandis qu’à Ségou, il peut atteindre 5 000 francs CFA. Cette situation complique encore davantage la vie des Maliens, qui peinent à faire le plein.
La mise en œuvre de ces nouvelles réglementations et leur impact sur la vie quotidienne restent à surveiller de près.
Source : RFI
