Au moins, on a la paix : des Malawites témoignent des violences xénophobes en Afrique du Sud
En Afrique du Sud, les violences xénophobes persistent, transformant des manifestations en véritables chasses aux étrangers. Cette semaine, des scènes de violence, d’intimidation et d’arrestations arbitraires ont été observées, poussant plusieurs dizaines de milliers de ressortissants étrangers à fuir le pays. Un immense camp de réfugiés a été établi au nord pour organiser les rapatriements, la majorité des personnes concernées étant originaires du Malawi.
Après avoir passé cinq jours dans un camp de fortune près de Durban et une semaine sur la route, Jabilu Daniel et Patrick Gerald sont rentrés au Malawi, marqués par leur expérience traumatisante. Jabilu raconte : « Un jour, cinq types m’ont attrapé et m’ont fait les poches. L’un d’entre eux me tenait par le cou. Il m’a menacé : ‘Si on te revoit ici, on te tuera.’ Maintenant, je suis de retour au Malawi, et je ne sais pas ce que je vais faire. On n’a pas de travail ici. Mais au moins, on a la paix. »
Bien que le Malawi soit l’un des pays les plus pauvres du monde, dans leur village, les deux amis n’ont plus à craindre les violences. Patrick, qui a été témoin d’un meurtre, témoigne : « J’ai vu un gars du Malawi se faire tuer sous mes yeux. Je n’ai plus réussi à dormir pendant une semaine. Aujourd’hui, ma famille est heureuse de me retrouver en vie. »
Patrick, ancien agent d’entretien en Afrique du Sud, envisage de cultiver la terre et de vendre des légumes pour subvenir aux besoins de sa famille. Près de 50 000 Malawites ont quitté l’Afrique du Sud en seulement quelques semaines, un exode massif révélant un climat de violence devenu insupportable.
Source : RFI
