« J’ai mal au ventre » : ce que cache vraiment cette phrase à l’approche de la rentrée
Chaque année, à l’approche de la rentrée scolaire, de nombreux enfants expriment leur malaise par cette phrase : « J’ai mal au ventre. » Bien souvent, les parents constatent qu’il n’y a ni fièvre ni autre symptôme physique. Malgré l’absence de cause médicale, la douleur ressentie est bien réelle. Thomas Fournier, psychologue, explique que le corps de l’enfant communique quand les mots lui manquent : « L’émotion est une réaction physiologique. Le système nerveux central et le système nerveux autonome sont connectés, et le stress est le modulateur majeur de ce système. » Ainsi, le mal de ventre n’est pas simplement imaginaire, mais une expression directe des émotions de l’enfant.
Pour Fournier, les émotions sont des messagers importants de notre corps, cherchant à communiquer un besoin. « Au même titre que la faim, le sommeil ou la soif, ces besoins peuvent être plus subtils et difficiles à identifier pour les enfants. »
Ce que ce mal de ventre peut exprimer
Le psychologue identifie trois grandes catégories de besoins derrière cette plainte. La première concerne l’anticipation du changement des habitudes : « La perte de la liberté des vacances et les contraintes scolaires constituent une rupture. » Les enfants s’appuient sur leurs expériences passées pour imaginer la rentrée, souvent en mobilisant des souvenirs désagréables liés à la fatigue du rythme scolaire et à la pression du temps.
La deuxième catégorie renvoie à l’incertitude et à l’inconnu : « Est-ce que je vais être avec des copains en classe ? Est-ce que je vais avoir une maîtresse sympa ? Est-ce que je vais réussir ? » Ces interrogations laissent souvent les parents sans réponses concrètes. Enfin, la troisième catégorie concerne un ressenti plus diffus, sans pensée précise identifiable, où l’enfant ne sait pas exactement où se situe la difficulté.
Comment identifier et répondre au bon besoin
Pour aider l’enfant, il est essentiel pour le parent de déterminer s’il y a des pensées précises derrière la douleur. « S’il n’y a pas de peur précise, on va plutôt agir sur le corps : la respiration, la détente, aller marcher. Si des idées précises émergent, il est alors possible de rationaliser et d’apporter des réponses concrètes pour soulager l’émotion. »
Thomas Fournier souligne l’importance d’aider l’enfant à mettre des mots sur ses ressentis : « Si l’enfant réussit à dire ‘j’ai mal au ventre, peut-être que je suis stressé’, cela permet d’identifier son émotion et de mieux comprendre comment l’aider. » Ce processus constitue un premier pas vers l’autonomie émotionnelle. Si les maux de ventre persistent, il est recommandé de consulter un médecin pour écarter toute cause somatique réelle.
Source : Thomas Fournier, psychologue.



