Mère qualifiée de “psychologue bobo” par des magistrats dans un jugement : ce que l’on sait

Une mère qualifiée de « psychologue bobo » dans un jugement : enquête administrative ouverte

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a ordonné le 19 juin une enquête administrative concernant la rédaction d’un jugement du tribunal de Bobigny. Ce jugement a qualifié une mère, ayant porté plainte pour une agression sexuelle sur son enfant, de « psychologue bobo » et a laissé entendre qu’elle avait « surréagi » à la situation. Cette réaction fait suite à une information révélée par le quotidien Libération.

Darmanin a qualifié ces faits d’ »extrême gravité », affirmant qu’ils sont « totalement contraires à la déontologie et au devoir de délicatesse des magistrats ». Il a annoncé que des sanctions pourraient être proposées au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l’organe disciplinaire de la profession. La mère a déposé une plainte devant le CSM, dénonçant un jugement teinté de malveillance et d’incohérence.

Dans cette affaire, le baby-sitter de l’enfant avait été relaxé, car le recueil de la parole de l’enfant n’avait pas été effectué de manière appropriée. Cependant, lors du jugement, les magistrats avaient exprimé leur confiance envers l’enfant de sept ans. Huit mois plus tard, l’avocat de la famille, Maître Paul Jouty, a été surpris par une motivation qu’il a qualifiée d' »absurde et presque injurieuse ».

Le jugement contenait des passages controversés, incluant des commentaires sur la mère, tels que : « On peut également imaginer que sa mère, psychologue et bobo, d’ailleurs plus bohème que bourgeoise, avait surréagi ». Pour l’avocat, ce projet de jugement « n’a pas été relu » et reflète un manque de rigueur professionnelle.

Anne Auclair-Rabinovitch, présidente du tribunal judiciaire de Bobigny, a qualifié cette situation d’ »insupportable » et a indiqué que des mes internes seraient mises en œuvre. Elle a exprimé sa volonté de rencontrer la famille concernée.

Le garde des Sceaux a également souligné l’importance du respect dû aux usagers du service public de la Justice. Ce débat sur la responsabilité des magistrats a été ravivé par des affaires récentes, notamment la mort de Lyhanna, un cas ayant soulevé des questions sur la gestion des plaintes pour viols sur mineures.

Les conclusions de l’enquête administrative sont attendues prochainement.

Source : AFP

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