Macron honore Marc Bloch, historien et résistant au Panthéon
Le 23 juin 2026, Emmanuel Macron a célébré l’entrée de Marc Bloch et de son épouse Simonne au Panthéon, à Paris. Cette cérémonie solennelle a débuté peu après 21 heures, avec deux cercueils symboliques avancant vers le fronton « Aux Grands hommes la Patrie reconnaissante ». Historien de renom, soldat et résistant, Marc Bloch a été assassiné par la Gestapo en 1944, et sa complice de toute une vie, Simonne Vidal, l’a accompagné symboliquement à la demande de la famille.
Le président Macron a ouvert la cérémonie en musique avec La Marseillaise, rendant hommage à l’auteur de « L’Étrange défaite », un ouvrage clé sur la débâcle de 1940. Il a salué Bloch comme un héros, un combattant de la Résistance, un intellectuel engagé et un professeur.
À la tombée de la nuit, un extrait du testament spirituel de Marc Bloch, écrit en 1941, a été lu par la comédienne Lou de Laâge, soulignant son engagement pour la vérité. Les cercueils, vides, ne contiennent pas les corps, car la famille a souhaité que Marc Bloch repose dans un village de la Creuse, tandis que le corps de Simonne, morte sous un faux nom, n’a jamais été retrouvé. Les cénotaphes contiennent des objets symboliques tels que médailles, photos et lettres.
Cette panthéonisation marque la sixième du quinquennat d’Emmanuel Macron. Selon ses proches, Marc Bloch est une référence intellectuelle pour le président. Fin 2024, Macron avait évoqué le rôle de Bloch comme témoin du désastre de 1940, soulignant la nécessité de se méfier du conformisme et du conservatisme.
Le choix de rendre hommage à Bloch a suscité des tensions politiques. La famille a demandé que l’extrême droite soit exclue de la cérémonie, malgré certaines invitations protocolaires. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a rendu hommage à Bloch, tandis que Jean-Luc Mélenchon a critiqué cette récupération politique.
Historien pionnier et cofondateur des Annales en 1929, Marc Bloch a révolutionné l’historiographie en intégrant des perspectives économiques et sociologiques. Résistant, il a été arrêté, torturé puis exécuté par la Gestapo en 1944, affirmant « Vive la France » jusqu’à la fin.
Source : 20 Minutes