Macron bouscule-t-il l’apprentissage suisse ?
La Suisse est reconnue comme le leader mondial en matière de formation professionnelle. Cependant, sous la présidence d’Emmanuel Macron, la France a considérablement réduit son retard dans ce domaine. Cette évolution, bien que remarquable, soulève des questions sur l’avenir de l’apprentissage en Suisse.
Depuis 2017, la France a connu une augmentation spectaculaire du nombre de contrats d’apprentissage, passant de 306 000 à 879 000 contrats signés annuellement d’ici 2024. Ce changement est attribué à une réforme profonde de la formation professionnelle initiée par le président Macron en 2018, qui a renforcé les incitations pour les entreprises et assoupli les règles de formation.
Les chiffres montrent que la Suisse, avec environ quatre apprentis pour 100 personnes actives, reste en tête du classement. Cependant, la France se rapproche, avec environ 3,5 apprentis pour 100 personnes actives, devançant déjà l’Allemagne (2,9) et l’Autriche (2,4).
Malgré cette progression, la nature de l’apprentissage en France diffère fondamentalement de celle de la Suisse. En France, une grande partie des apprentis suit des formations de niveau universitaire, tandis qu’en Suisse, l’apprentissage est souvent plus orienté vers des qualifications professionnelles spécifiques.
Alors que la France a récemment réduit ses financements pour l’apprentissage, des inquiétudes émergent quant à la durabilité de cette dynamique. La Cour des comptes française a recommandé une utilisation plus ciblée des aides, suscitant des craintes parmi les PME sur l’avenir de l’apprentissage en France.
Cette situation pourrait-elle nuire à la position de la Suisse en tant que modèle en matière de formation professionnelle ? Seul l’avenir le dira.
Source : Blick



