Macky Sall perd le contrôle de son parti, entraînant des tensions internes croissantes.

APR : Comment Macky Sall a perdu le contrôle sur son parti

L’Alliance pour la République face à une crise de leadership

L’Alliance pour la République (APR), déjà affaiblie par de nombreux départs, subit une nouvelle onde de choc avec l’annonce imminente du ralliement au pouvoir de figures emblématiques comme Abdoulaye Saydou Sow et Mamadou Kassé. Cette situation remet en question l’avenir politique du parti au Sénégal.

Depuis plusieurs mois, les signes de fragilisation s’accumulent au sein de l’APR : départs, repositionnements individuels et ralliements à la mouvance présidentielle. L’absence de réaction collective face à ces enjeux est particulièrement préoccupante. L’appel lancé par le président Bassirou Diomaye Faye, invitant plus de 300 maires, dont la plupart sont issus de l’APR, à rejoindre la mouvance présidentielle, représente un signe avant-coureur d’un vaste mouvement de ralliement.

La Chambre des élus de l’APR a tenté de contrer ces ralliements, mais cette contestation n’a pas engendré de véritable dynamique pour préserver le parti. La situation semble s’aggraver avec la démission d’élus clés. Les fidèles de Macky Sall, tels que le maire de Kaffrine et le président du Conseil départemental de Tambacounda, figurent parmi ceux qui pourraient prochainement rejoindre le parti présidentiel.

Le ralliement de ces figures issues de l’ancien régime souligne l’affaiblissement du parti de Macky Sall, qui semble davantage préoccupé par des ambitions internationales que par la reconstruction de son implantation politique locale. L’APR peine à maintenir une animation politique, les prises de parole se raréfiant et les initiatives politiques paraissant inexistantes.

L’absence de Macky Sall du pouvoir a profondément modifié l’équilibre interne du parti. Les contradictions, auparavant contenues grâce à l’appareil d’État, deviennent désormais visibles. Le plus inquiétant pour l’APR n’est pas seulement le départ de certains membres, mais l’incertitude qui semble régner parmi ceux qui restent quant à leur raison d’être au sein du parti.

L’APR est à la croisée des chemins. Pour se reconstruire, elle doit sortir de l’inertie, poser un diagnostic lucide sur sa situation et retrouver une raison politique de mobiliser ses militants. En politique, le silence n’est jamais neutre ; un parti qui cesse de parler et d’agir risque de voir d’autres prendre sa place.

Source : Senenews

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