Liturgies des heures sanglantes – sur Bréviaire des anonymes de Lyonel Trouillot
Par Bertrand Leclair
Bréviaire des anonymes, le quatorzième roman de l’auteur haïtien Lyonel Trouillot, se présente comme une réponse littéraire à l’autorité et aux luttes sociales. À travers une longue missive adressée à son oncle, le narrateur explore les voix des oubliés, révélant une psyché fragile. Ce récit polyphonique remet en question le monopole de la parole dominante.
Dans le roman, le narrateur évoque les conseils de son oncle, un homme politique qui, sous un vernis de pouvoir, dissimule des failles profondes. Ce dernier se considère tout-puissant grâce à sa richesse, accumulée au détriment de la population. Le protagoniste, en quête de paix intérieure, se rend compte que cette tranquillité est une illusion, façonnée par un confort routinier qui l’éloigne de la misère environnante.
L’œuvre de Trouillot s’inscrit dans le contexte actuel d’Haïti, où la violence des gangs a considérablement augmenté ces dernières années, exacerbant une situation déjà fragilisée par des tragédies passées, comme le tremblement de terre de 2010, qui a causé la mort de près de 300 000 personnes.
En somme, Bréviaire des anonymes illustre comment la littérature peut servir d’outil de combat contre l’injustice et l’indifférence.
Source : AOC Media


