Fin de l’encadrement des loyers ? Lyon et Villeurbanne s’opposent à la Métropole
Après l’annonce de la présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, souhaitant supprimer l’encadrement des loyers, les maires de Lyon et de Villeurbanne, Grégory Doucet et Cédric Van Styvendael, se sont fermement opposés à cette décision. Ils défendent un dispositif qu’ils jugent essentiel pour préserver le pouvoir d’achat des locataires.
La nouvelle majorité métropolitaine a décidé de mettre fin à l’encadrement des loyers, un dispositif en vigueur depuis le 1er novembre 2021 dans ces deux villes. Dans un communiqué commun, Doucet et Van Styvendael estiment que les arguments avancés pour justifier cette suppression ne reposent pas sur des résultats concrets. Ils qualifient la position de Sarselli de « choix idéologique » et rappellent que l’encadrement a aidé à limiter la hausse des prix.
Les deux maires s’appuient sur des chiffres significatifs : 818 486 euros de loyers indûment perçus ont été restitués aux locataires dans la Métropole, dont environ 200 000 euros à Villeurbanne. Ils citent également le rapport Chapelle-Fack, commandé par le gouvernement, qui indique que les locataires des villes avec un encadrement des loyers économisent en moyenne 500 euros par an, et jusqu’à 800 euros à Paris, où les loyers seraient 2 à 4 % moins élevés que dans des villes comparables.
Bien que les maires reconnaissent que l’encadrement des loyers n’a pas pour but d’augmenter l’offre de logements, ils soulignent que son objectif est de rendre les loyers « raisonnables et accessibles ». Ils affirment qu’aucun rapport ne prouve un lien direct entre ce dispositif et une baisse de la construction de logements.
Doucet et Van Styvendael accueillent favorablement l’hypothèse du gouvernement de prolonger l’expérimentation de l’encadrement des loyers de deux ans. Ils appellent les parlementaires à soutenir « la liberté des maires » de maintenir ce dispositif dans leurs communes, affirmant que le logement ne doit pas être un bien spéculatif, mais un « bien de première nécessité ».
La question du maintien ou non de l’encadrement des loyers pourrait être tranchée dans les mois à venir, avec des réponses attendues d’ici cet automne.
Source : Lyon Mag
