Lycéens et ISS : des sciences en apesanteur avec le projet ChlorISS
« Ça change des TP habituels, c’est une manière de faire des sciences autrement », s’enthousiasme Didier Thieurmel, professeur de SVT au lycée Bertrand d’Argentré à Vitré (Ille-et-Vilaine). Ses élèves de seconde font partie des 4 500 classes sélectionnées pour participer à une expérimentation scientifique développée par le Centre national d’études spatiales (Cnes). Baptisée ChlorISS, cette expérience consiste à faire germer simultanément des graines d’Arabette des dames et de mizuna, deux végétaux de la famille des brassicacées, dans la Station spatiale internationale (ISS) et sur Terre. « On a deux types d’arabette : une sauvage et un variant dont la perception de la gravité est fortement réduite », précise l’enseignant. L’objectif est d’étudier l’influence de la lumière et les effets de la gravité sur la germination et la croissance des plantes.
Le chou mizuna est envisagé comme socle d’un écosystème artificiel pour les astronautes lors de missions de longue durée. L’Arabette des dames, quant à elle, est un modèle de référence en biologie végétale.
Une expérience utile
Sophie Adenot, la spationaute française qui a décollé le 13 février dernier pour une mission de huit mois à bord de l’ISS, suit le même protocole que les lycéens de Vitré. « Les élèves ont souvent le réflexe de demander : “En gros, ça sert à quoi ?” », souligne Didier Thieurmel. L’objectif est de les amener à réfléchir sur l’utilité de ces expériences et sur le choix des plantes. « La culture des végétaux sera essentielle pour les voyages spatiaux lointains, car les ravitaillements réguliers ne seront pas toujours possibles. ChlorISS contribuera à mieux comprendre le cycle de l’eau et celui du dioxygène, tout en perfectionnant la production alimentaire dans l’Espace. »
Responsabiliser les adolescents
Réalisée en partenariat avec Sorbonne Université et les ministères de l’Éducation nationale et de l’Agriculture, cette étude mobilise des notions des sciences de la vie et de la Terre, ainsi qu’en physique-chimie, mathématiques et technologie. En impliquant des milliers d’adolescents, le Cnes espère stimuler leur intérêt pour le spatial et éveiller leur curiosité pour des carrières scientifiques. Didier Thieurmel ajoute : « J’ai déjà fait des sciences participatives avec d’autres classes à travers des programmes comme Vigie-Nature ou “Élève ton blob”. En responsabilisant les adolescents, en leur expliquant que leurs résultats ont une importance scientifique, ils se sentent engagés et investis. »
Source : Centre national d’études spatiales (Cnes)
