Lutte contre les ingérences numériques : La France dans le top 3 européen
Les autorités françaises se montrent vigilantes alors qu’un an reste avant la prochaine élection présidentielle. Pour évaluer l’état de la menace et les réponses à apporter, Sébastien Lecornu a réuni, le 11 juin, les responsables politiques sur la question des ingérences étrangères. Le Premier ministre a évoqué des « perspectives de menaces lourdes » sur le scrutin de 2027, estimant que « l’ensemble de la classe politique » pourrait être concerné.
Depuis les « Macron Leaks », une opération de piratage attribuée à la Russie qui avait perturbé la campagne présidentielle de 2017 en diffusant des e-mails dérobés, l’exécutif français a renforcé son arsenal contre la désinformation. Cependant, les avancées de l’intelligence artificielle générative, un contexte géopolitique instable et une opinion publique de plus en plus fragmentée soulèvent des inquiétudes quant à un éventuel déferlement d’intox pour le scrutin de 2027.
Les élections municipales de 2026, marquées par plusieurs tentatives de déstabilisation, ont servi de « répétition générale », a souligné Nicolas Roche, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale. Selon Benoît Grünenwald, expert en cybersécurité, la lutte contre les ingérences numériques nécessite une approche diversifiée, incluant l’éducation aux médias et la prévention auprès des partis politiques.
Depuis 2021, le service Viginum est chargé de détecter et de contrer les opérations d’influence étrangères. Ce dispositif a prouvé son efficacité, plaçant la France « dans le top 3 européen » en matière de lutte contre la désinformation, aux côtés de la Suède et de l’Estonie.
Les progrès de l’intelligence artificielle, notamment les modèles de langage, permettent une augmentation tant en quantité qu’en qualité de la désinformation. Cela facilite la création de contenus crédibles, rendant la lutte contre ces campagnes plus complexe.
La France, grâce à l’Anssi et Viginum, est bien positionnée au niveau européen, mais la protection des citoyens face à la viralité des contenus sur les réseaux sociaux reste un défi majeur. Les partis politiques doivent également renforcer leurs systèmes d’information pour éviter des fuites similaires à celles des « Macron Leaks ».
Enfin, bien que l’impact des campagnes d’ingérences étrangères soit encore limité, des événements comme les Jeux Olympiques de Paris ont montré que, malgré le volume de cyberattaques, les effets ont été atténués grâce à une coopération efficace entre acteurs publics et privés.
Source : France 24