Journée mondiale du moustique : cinq ans après le premier vaccin, la lutte contre le paludisme avance en Afrique
Ce 20 août marque la Journée mondiale du moustique, soulignant le rôle crucial de la femelle du moustique dans la transmission du paludisme. L’Afrique demeure le continent le plus affecté, représentant 95 % des décès liés à cette maladie. Cinq ans après la recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le vaccin RTS,S, son déploiement commence à montrer des résultats tangibles, bien que des défis importants persistent.
Le vaccin RTS,S a constitué une avancée décisive dans la lutte contre le paludisme. En octobre 2021, l’OMS a recommandé son utilisation contre le Plasmodium falciparum, le parasite responsable de la forme la plus létale de la maladie. Ce vaccin a été intégré dans les campagnes de vaccination pour enfants dans 25 pays africains, ciblant chaque année plus de 10 millions d’enfants.
Selon le World Malaria Report 2025, plus de 170 millions de cas de paludisme et environ un million de décès ont été évités dans le monde en 2024, grâce à l’expansion de nouveaux outils de prévention tels que les vaccins. En Afrique, plus de 90 % des décès dus au paludisme sont enregistrés.
Une avancée majeure a également été réalisée en avril 2026 avec la préqualification par l’OMS d’un traitement antipaludique spécifiquement conçu pour les nouveau-nés et les jeunes nourrissons, un développement crucial pour les 30 millions de bébés qui naissent chaque année dans les zones d’endémie en Afrique.
L’efficacité du RTS,S ne repose plus seulement sur des essais cliniques. Une étude publiée en mai 2026 dans The Lancet a montré que l’introduction du vaccin a entraîné une réduction significative de la mortalité infantile. Environ un décès sur huit aurait été évité dans les zones étudiées au Ghana, au Kenya et au Malawi. Actuellement, quatre pays africains, à savoir l’Algérie, Maurice, le Cabo Verde et l’Égypte, ont été certifiés exempts de paludisme par l’OMS.
Cependant, malgré ces progrès, le paludisme demeure une préoccupation majeure de santé publique en Afrique. En 2024, environ 579 000 décès liés à cette maladie ont été rapportés sur le continent, dont trois quarts concernaient des enfants de moins de cinq ans.
Parmi les nouveaux défis, l’apparition de l’Anopheles stephensi, un moustique originaire d’Asie du Sud, complique les efforts de lutte. Détectée pour la première fois à Djibouti en 2012, cette espèce a été signalée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est et récemment en Afrique de l’Ouest, notamment au Nigeria et au Ghana. Contrairement aux vecteurs traditionnels, l’Anopheles stephensi est adapté aux environnements urbains, ce qui pourrait prolonger la période de transmission et exposer plus de 120 millions d’Africains supplémentaires au risque de paludisme.
Ces avancées et défis soulignent l’importance de poursuivre les efforts de lutte contre le paludisme en Afrique, afin de protéger les populations vulnérables et de réduire le fardeau de cette maladie.
Source : RFI



