En lâchant 480 millions d’aiguilles de cuivre en orbite en 1963 pour sécuriser ses communications, l’US Air Force a laissé derrière elle quelque chose que la NASA compte encore

L’US Air Force et le Projet West Ford : Une Pluie de Cuivre en Orbite

En mai 1963, l’US Air Force et le MIT Lincoln Laboratory ont lancé dans l’espace près de 480 millions de brins de cuivre, chacun mesurant moins d’un cheveu humain. Cette initiative visait à établir un moyen de communication intercontinental résistant à toute tentative de sabotage. Plus de soixante ans plus tard, certains de ces débris continuent de tourner autour de la Terre, et la NASA maintient un suivi de ces objets.

Le Projet West Ford, également connu sous le nom de Projet Needles, a été conçu en pleine Guerre froide, à une époque où la communication internationale se faisait principalement par câbles sous-marins ou via des rebonds sur l’ionosphère. Craignant que les Soviétiques ne coupent ces câbles, l’ingénieur Walter E. Morrow a proposé de créer une ionosphère artificielle en déployant des antennes dipôles en cuivre en orbite polaire.

Chaque aiguille devait mer exactement 1,78 centimètre, correspondant à la moitié de la longueur d’onde d’une fréquence de transmission de 8 GHz, pour fonctionner comme une antenne capable de réfléchir les ondes radio. La première tentative en 1961 a échoué, mais la mission de 1963 a réussi à déployer entre 70 et 190 millions d’aiguilles, permettant la transmission de messages via ce nuage artificiel pendant plusieurs semaines.

Cependant, la réussite technique a été de courte durée. Des enquêtes ont révélé que seulement 25 à 45 % des dipôles s’étaient dispersés correctement, laissant des amas de débris en orbite. En avril 2023, la NASA a identifié 44 amas d’aiguilles mesurant plus de 10 centimètres en orbite. Ce chiffre a légèrement diminué au fil des décennies, certains amas ayant fini par rentrer dans l’atmosphère.

À l’époque, la notion de débris spatiaux n’était pas bien comprise. Les critiques internationales n’ont pas tardé à émerger, qualifiant le projet de « crime intellectuel majeur ». Cette controverse a contribué à l’élaboration du traité de l’espace extra-atmosphérique de 1967, qui régule les activités spatiales des États.

Aujourd’hui, le Projet West Ford est souvent cité comme un exemple de génération délibérée de débris spatiaux, soulignant l’importance de la gestion des déchets en orbite dans le contexte des mégaconstellations modernes, comme Starlink.

Source : Wikipédia, NASA

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *