Les premières planètes rocheuses de l’univers pourraient être apparues très tôt, selon une nouvelle recherche
Les premières planètes rocheuses de l’univers pourraient avoir vu le jour étonnamment tôt, potentiellement seulement 100 millions d’années après le Big Bang. Des explosions de certaines des premières étoiles massives de l’univers auraient pu créer des poches isolées riches en poussière et en éléments comme le fer et le carbone, nécessaires à la formation des planètes, selon une nouvelle simulation informatique. Cette simulation a produit suffisamment de matériaux rocheux pour potentiellement créer plusieurs planètes de la taille de la Terre, et de l’eau était disponible dans le jeune système stellaire, ce qui aurait pu favoriser la formation de planètes un peu plus tard, rapportent les chercheurs dans l’édition du 19 août de Astrophysical Journal Letters.
Des astronomes, dont Daniel Whalen de l’Université de Portsmouth en Angleterre, affirment que des mondes habitables pourraient en principe avoir formé des milliards d’années plus tôt que prévu, même avant la formation des premières galaxies. Ces simulations ouvrent de nouvelles perspectives sur l’origine de la vie dans l’univers.
Les chercheurs ont utilisé des simulations pour examiner les régions les plus riches en éléments de l’univers primitif, notamment les champs de débris laissés par les premières supernovas. Ces régions, plus riches en éléments lourds que l’ensemble de l’univers, pourraient avoir permis la formation de planètes beaucoup plus tôt dans l’histoire cosmique.
Les simulations ont suivi l’évolution des débris d’une supernova de type « instabilité de paire », capable de générer 100 fois la masse du soleil en éléments lourds. Les résultats ont montré que ces débris se mêlaient au gaz dans l’univers primitif, finissant par s’effondrer pour former une petite nouvelle étoile entourée d’un disque poussiéreux. Dans ce disque, les chercheurs ont identifié des planétésimaux — de petits corps rocheux de quelques mètres à plusieurs kilomètres de diamètre, qui sont les embryons des planètes. Certains de ces planétésimaux se sont formés à la distance adéquate de l’étoile pour posséder de l’eau liquide.
Il est possible que certaines de ces premières planètes existent encore aujourd’hui. L’étoile formée dans la simulation avait environ 70 % de la masse du soleil, ce qui en fait une étoile à longue durée de vie. Si l’un de ces systèmes a fait son chemin dans la Voie lactée, il pourrait être identifié comme un système ancien en fonction de sa composition chimique.
Les chercheurs poursuivent leurs simulations pour examiner les prochaines étapes de la croissance des planétésimaux et déterminer quels types de planètes pourraient en résulter. Ils s’intéressent également à ce qui pourrait se produire autour d’un autre type de supernova, jugé plus courant dans l’univers primitif.
Ces recherches incitent les astronomes à reconsidérer ce qui a pu se passer au cours des 13 milliards d’années écoulées depuis la formation de ces premières planètes.
Source : Science News

