L’Europe en marche arrière
Alors que l’Europe fait face à une vague de chaleur intense et à des incendies dévastateurs, la Commission européenne semble prioriser une réduction de la capacité régulatrice du continent.
L’entrée en application de l’IA Act, prévue pour le 2 août 2026, était censée établir le cadre réglementaire de l’intelligence artificielle le plus ambitieux au monde. Deux avancées majeures étaient anticipées : informer les utilisateurs lors de leurs interactions avec une IA sur les sites internet, ce qui a été maintenu, et asr une protection renforcée dans des domaines tels que l’identification biométrique et le recrutement. Cependant, sous la pression des grandes entreprises technologiques américaines et des États-Unis, certaines de ces protections ont été reportées à décembre 2027 et à l’été 2028.
Dérégulations tous azimuts
En juillet, la Commission a publié un rapport sur la compétitivité du secteur bancaire, justifiant ainsi une remise en cause des règles établies après la crise financière de 2007-2008. La Commission vise à accorder plus de latitude aux banques concernant la gestion des risques sur les marchés financiers, réduisant la capacité des régulateurs à exiger des mes de protection individuelles. Cela permet aux banques d’utiliser leurs propres modèles statistiques pour évaluer leurs risques, ce qui pourrait mener à des niveaux de protection plus faibles.
Selon Julia Symon, spécialiste de l’ONG Finance Watch, l’objectif de la Commission est de « doper la rentabilité à court terme, principalement des plus grandes banques », entraînant davantage de dividendes pour les actionnaires, mais moins de sécurité pour les citoyens européens face aux risques financiers.
Trumpisation de l’Europe
En juin, la Commission a également proposé un allégement des retenues à la source sur les flux d’intérêts, de royalties et de dividendes pour les entreprises. De plus, elle a permis aux entreprises de bénéficier d’exemptions fiscales en matière de recherche et développement sur une simple base déclarative.
Ces changements s’inscrivent dans une série de reculs antérieurs, notamment dans les domaines du droit d’asile et de la réglementation des produits chimiques. Un bilan réalisé par dix ONG françaises a révélé des reculs en matière de vigilance environnementale et de lutte contre la déforestation, tout en soulevant des préoccupations concernant l’utilisation des pesticides et la gestion de l’eau.
Ces dérégulations, qu’il s’agisse du cadre de l’IA, de la réglementation financière ou des politiques fiscales, soulèvent des inquiétudes quant à la sécurité et au bien-être des citoyens européens.
Source : Alternatives économiques.

