L’Ukraine envisage de légaliser l’industrie pornographique pour financer son budget de guerre
L’Ukraine pourrait se tourner vers l’industrie pornographique comme moyen de financer son effort de guerre. Cette proposition est portée par le député d’opposition Yaroslav Zhelezniak, président de la commission des finances du Parlement. Selon ses estimations, la légalisation de cette activité pourrait générer jusqu’à 25 millions de dollars de recettes fiscales chaque année. Bien que cette somme soit modeste face aux 120 milliards de dollars nécessaires chaque année pour la défense du pays, elle pourrait permettre l’acquisition de 30 000 drones.
Le projet de loi, soutenu par Zhelezniak, a déjà franchi une première étape au Parlement, ayant été adopté lors d’un premier vote en juillet 2026. Il doit maintenant être examiné en seconde lecture. Ce débat soulève également la question de la criminalisation d’une activité qui, bien qu’interdite, prospère depuis des années.
Historiquement, les autorités ukrainiennes ont souvent ignoré cette économie souterraine, avec des studios pornographiques bénéficiant de la protection d’agents de l’ordre corrompus. En mai 2026, le procureur général ukrainien a révélé que des policiers dans trois régions percevaient chacun plus de 20 000 dollars par mois en pots-de-vin.
Plus de 131 millions de dollars générés sur OnlyFans en 2023
La situation a évolué avec la guerre. Deux ans après l’invasion russe, les autorités fiscales ukrainiennes ont reçu des informations de Fenix International, la société mère d’OnlyFans, concernant les revenus de milliers de créateurs de contenu. En 2023, 7 900 Ukrainiens ont généré plus de 131 millions de dollars sur cette plateforme, ce qui pourrait entraîner des millions de dollars d’impôts potentiellement dus.
La réaction des autorités a été rapide, avec des femmes recevant des courriers des administrations fiscales. Certaines d’entre elles, qui déclaraient déjà leurs revenus, ignoraient que cela pouvait les exposer à des poursuites pour production illégale de contenu pornographique. Le cas de Svitlana Dvornikova, dont le domicile a été perquisitionné, illustre cette contradiction. Les enquêteurs ont saisi un ordinateur portable, des clés USB et environ 200 000 dollars en espèces, une somme qu’elle prétendait avoir mise de côté pour ses impôts.
Au sein du pays, des voix s’élèvent pour revendiquer une régularisation de cette activité. Après sa perquisition, Dvornikova a lancé une pétition en juin 2025, affirmant avoir versé 40 millions de hryvnias (environ 900 000 dollars) au fisc. Cette pétition a rapidement dépassé le seuil de 25 000 signatures requis pour obtenir une réponse présidentielle. Volodymyr Zelensky a alors indiqué que le Parlement examinerait un texte visant à légaliser la pornographie. En attendant, de nombreuses travailleuses du sexe ont quitté le pays, et une communauté ukrainienne se développe à l’étranger, notamment en Géorgie.
Source : L’Express, Wall Street Journal.
