L’UE voit sa dynamique pour l’État de droit s’essouffler
Selon le rapport annuel de l’UE sur l’État de droit, les pays de l’UE ont mis en œuvre moins de la moitié des mes demandées par Bruxelles pour lutter contre la corruption et préserver la démocratie, atteignant ainsi le niveau le plus bas depuis 2022. Ce rapport, publié vendredi, examine les systèmes judiciaires nationaux, la liberté de la presse et les mécanismes de contrôle du pouvoir gouvernemental, couvrant tous les pays de l’UE ainsi que certains pays candidats à l’adhésion.
Seuls 47 % des recommandations formulées en 2025 ont été mises en œuvre intégralement ou partiellement, en baisse par rapport à 57 % l’année précédente. Ce taux était de 68 % en 2024 et de 65 % en 2023, indiquant un ralentissement de la mise en œuvre pour la deuxième année consécutive. Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée de la démocratie, a défendu la valeur de cet exercice annuel, considérant que ce taux de 47 % en un an reste un « processus assez rapide », tout en soulignant que les cycles électoraux et la longueur des procédures parlementaires peuvent retarder les réformes.
Depuis 2022, les rapports incluent des recommandations spécifiques à chaque pays. Cette année, la Commission a qualifié la tendance générale de « globalement positive », mais a signalé de sérieux problèmes dans plusieurs États. La Slovaquie a été particulièrement critiquée, avec la police n’ayant détecté aucun nouveau cas de corruption de haut niveau en 2025, et une détérioration de la capacité à détecter, enquêter et poursuivre de tels cas.
En Espagne, des retards continuent d’entraver la lutte contre la corruption, seuls « quelques progrès » ayant été notés. Le pays a récemment été secoué par des affaires de corruption impliquant le Premier ministre Pedro Sánchez. En revanche, en Hongrie, la Commission a salué la dynamique de réforme rapide du nouveau gouvernement, bien qu’aucun progrès significatif n’ait été constaté en matière de condamnations pour corruption à haut niveau.
Le rapport avertit également que la hiérarchie du ministère public en Hongrie continue de présenter un risque d’ingérence politique.
(Source : rapport annuel de l’UE sur l’État de droit)
