Artemis III : Derrière la nomination de Luca Parmitano, des enjeux sous-jacents
La NASA a récemment annoncé la nomination de l’astronaute italien Luca Parmitano en tant que pilote pour la mission Artemis III. En surface, cette annonce semble ordinaire, se limitant à la composition de l’équipage et au rôle du module de service européen. Cependant, cette sélection s’inscrit dans un contexte plus large, marqué par la nouvelle feuille de route du programme Artemis et la stratégie Moon Base présentée en mai dernier.
Un élément clé, souvent omis dans les communiqués officiels, est que la mission Artemis III ne se rendra finalement pas sur la Lune. Selon les nouvelles directives, « Artemis III est désormais prévue comme un vol d’essai avec équipage en orbite terrestre », repoussant ainsi l’alunissage à Artemis IV, prévu après 2028.
La raison de ce changement est liée au système d’atterrissage habité Starship de SpaceX, qui nécessite plusieurs lancements de ravitaillement d’une complexité logistique sans précédent. Artemis III devient ainsi un vol de validation, axé sur des manœuvres de rendez-vous et d’amarrage, afin de préparer les équipages pour les missions ultérieures.
L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a reconnu cette complexité en évoquant « la coordination la plus impressionnante de l’histoire en termes de lancements de fusées lourdes », sans toutefois admettre que cela a conduit à une révision du calendrier Artemis.
La nomination de Parmitano est significative. Avec 366 jours dans l’espace, six sorties extra-véhiculaires et plus de 2 000 heures de vol, ses compétences de pilote d’essai seront cruciales pour les manœuvres complexes de la mission. Cette décision représente également une concession américaine envers l’Agence spatiale européenne (ESA), surtout à un moment où les choix de la NASA pourraient marginaliser l’Europe dans l’architecture Artemis.
Cependant, cette nomination n’est pas sans limites. Les prochaines missions Artemis, qui incluront un Canadien et un Japonais, soulignent que la présence d’un astronaute européen sur la Lune demeure une promesse, sans calendrier précis.
Un aspect fondamental demeure : le module de service européen, un atout structurel que l’Europe conserve. Ce module est essentiel pour le bon fonctionnement d’Orion et a été livré en collaboration avec 13 États membres. Il représente un levier politique fort pour l’Europe dans le programme Artemis.
Le lancement d’Artemis III est envisagé pour 2027, mais dépendra de la disponibilité du Starship lunaire de SpaceX. Alors que la NASA prépare le terrain pour Artemis IV, prévu entre 2028 et 2029, l’Europe espère maintenir sa place dans les futures missions lunaires.
Source : Futura-Sciences.
