Ce que l’ozone cache vraiment pendant les canicules et pourquoi il menace votre organisme
Chaque été, les épisodes de canicule rappellent à quel point la chaleur peut mettre l’organisme à rude épreuve : déshydratation, coups de chaleur, aggravation des maladies chroniques. Cependant, le thermomètre n’est pas le seul responsable. Lors des journées les plus chaudes, un autre phénomène se produit : l’augmentation de la concentration d’ozone dans l’air que nous respirons. Plusieurs études suggèrent qu’en période de canicule, cet ozone de « basse altitude » pourrait agir de concert avec la chaleur et amplifier ses effets sur la santé.
Un polluant qui augmente avec les fortes chaleurs
À ne pas confondre avec la couche d’ozone qui nous protège des rayons ultraviolets, l’ozone troposphérique est un polluant atmosphérique. Il se forme lorsque des températures élevées, un fort rayonnement solaire et des polluants émis par le trafic routier, l’industrie ou certaines activités agricoles se combinent.
Selon le rapport « L’air extérieur en France : état des connaissances en 2025 », publié par le Service des données et études statistiques (SDES), la qualité de l’air s’est globalement améliorée ces dernières années, sauf pour l’ozone. Alors que les concentrations de particules fines et de dioxyde d’azote diminuent, celles de l’ozone restent élevées, car elles dépendent fortement des conditions météorologiques, qui deviennent plus favorables avec le changement climatique.
La pollution à l’ozone touche surtout le quart sud-est de la France, notamment la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la vallée du Rhône et l’Occitanie. Cependant, ces épisodes deviennent plus fréquents et concernent désormais un territoire plus vaste lors des vagues de chaleur. En mai 2026, Prev’Air a signalé un épisode de pollution à l’ozone, dépassant le seuil d’information de 180 µg/m³ en maximum journalier en Île-de-France, en Centre-Val de Loire et en Auvergne-Rhône-Alpes, alors que l’objectif de qualité pour la santé humaine est de 120 µg/m³ en moyenne glissante sur 8 heures.
Le duo chaleur/ozone inquiète les chercheurs
Les scientifiques s’inquiètent non seulement des effets de la chaleur ou de l’ozone pris séparément, mais de leur action combinée. Une étude publiée en 2025 dans la revue Environment International explique que l’ozone provoque un stress oxydatif et une inflammation des voies respiratoires, altérant la barrière protectrice des poumons et favorisant l’hyperréactivité bronchique. À court terme, cela peut entraîner une irritation des voies respiratoires, une baisse de la fonction pulmonaire, une toux ou un essoufflement.
Une autre étude, publiée en 2024 dans Environmental Science & Technology, a analysé plus de 511 000 décès cardiovasculaires enregistrés entre 2015 et 2021. Elle a montré que l’exposition simultanée à une vague de chaleur et à de fortes concentrations d’ozone augmentait le risque de décès cardiovasculaire plus que chacun de ces facteurs pris isolément, touchant particulièrement les femmes et les personnes âgées.
Les auteurs concluent que « les vagues de chaleur et l’ozone peuvent interagir de manière synergique », ce qui signifie que leurs effets se renforcent mutuellement.
En pratique, surveiller la météo ne suffit plus pendant une canicule. Les autorités sanitaires recommandent de consulter les prévisions de qualité de l’air, de limiter les activités physiques intenses lors des pics d’ozone, et de protéger en priorité les personnes âgées, les enfants et les personnes souffrant de maladies cardiaques ou respiratoires.
Source : Futura Sciences
