Natalité : l’ONU démonte les idées reçues sur la baisse des naissances

Natalité : l’ONU démonte les idées reçues sur la baisse des naissances

Une vaste enquête internationale publiée par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) révèle que les idées reçues sur la baisse de la natalité sont souvent erronées. Réalisée auprès de plus de 108 000 jeunes âgés de 18 à 39 ans dans 73 pays, cette étude montre que les jeunes ne rejettent pas massivement le mariage, que les femmes ne renoncent pas à la maternité, et que le féminisme n’est pas la cause de la baisse de la fécondité.

Pour l’UNFPA, le véritable obstacle réside dans les conditions matérielles qui empêchent des millions de jeunes de réaliser leurs projets familiaux.

La baisse de la natalité s’étend

Les taux de fécondité diminuent à l’échelle mondiale, affectant désormais les pays à revenu intermédiaire. Actuellement, deux tiers de la population mondiale vivent dans des pays où la fécondité est inférieure au seuil de renouvellement des générations, fixé à 2,1 enfants par femme. Cependant, de nombreuses explications avancées reposent davantage sur des mythes que sur des faits.

Une aspiration qui résiste

Le désir de parentalité reste stable. Dans de nombreuses régions, deux enfants sont encore considérés comme la taille idéale d’une famille. Plus des deux tiers des personnes interrogées estiment que le mariage est la forme de vie conjugale souhaitable, et une majorité des hommes et femmes âgés de 35 à 39 ans sans enfants souhaitent devenir parents. Ainsi, le problème ne réside pas dans un effondrement du désir d’enfant, mais dans les conditions nécessaires pour l’accomplir.

Les principaux obstacles identifiés incluent la sécurité financière, un emploi stable et l’accès à un logement, avec plus de 70 % des sondés considérant ces contraintes comme majeures. De plus, près de 80 % des jeunes estiment qu’être en couple est essentiel pour devenir parent, mais un quart des 25-39 ans souhaitant un partenaire sont actuellement célibataires.

Le procès du féminisme

Le rapport conteste l’idée que la baisse de la natalité est due à l’émancipation des femmes. Les femmes ne désirent pas moins d’enfants que les hommes, mais elles perçoivent davantage d’obstacles, notamment financiers et liés à la santé. L’UNFPA souligne que cette différence indique moins un refus de la maternité qu’une exposition plus forte aux contraintes de la parentalité.

Les politiques natalistes ne suffisent pas

Enfin, l’étude remet en question l’efficacité des politiques natalistes. Huit sondés sur dix affirment que la principale motivation pour avoir un enfant est la joie qu’ils apportent, tandis que les arguments utilitaires sont moins convaincants. L’UNFPA préconise des politiques publiques visant à faciliter la réalisation des projets familiaux, comme des logements abordables et des congés parentaux équitables.

En conclusion, l’enjeu n’est pas de convaincre les jeunes d’avoir plus d’enfants, mais de créer les conditions qui leur permettent d’avoir les enfants qu’ils souhaitent, au moment où ils le souhaitent.

Source : UNFPA.

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