EN DIRECT | Pourquoi l’ONU intervient souvent quand il est déjà trop tard
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a récemment débattu de l’inefficacité des mécanismes de prévention des conflits, alors que des crises mondiales continuent de s’intensifier. Gaza est en proie à des violences malgré un cessez-le-feu, l’Ukraine est engluée dans un conflit prolongé, le Soudan s’effondre et la violence se propage au Sahel. Les tensions croissantes entre l’Iran et les États-Unis soulignent également le risque d’une escalade régionale incontrôlable.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a souligné que les outils de prévention existent, mais sont rarement utilisés à des moments critiques. « Ces outils n’ont pas été conçus pour les moments de consensus. Ils ont été conçus pour les moments où le consensus paraît hors de portée », a-t-il déclaré. Il a averti que l’impunité et les violations des droits de l’homme continuent de s’étendre, chaque violation non punie devenant un précédent.
Une diplomatie qui arrive après l’incendie
Le Conseil de sécurité, chargé de maintenir la paix mondiale, réagit souvent lorsque les lignes de front sont déjà établies et la confiance érodée. La ministre congolaise des affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a exprimé cette faiblesse en déclarant que la médiation tardive ne peut plus empêcher une crise. Les résolutions adoptées sans suivi peuvent devenir de simples déclarations d’intention.
Pour Kinshasa, qui présidait le débat, cette situation est particulièrement préoccupante. Elle a rappelé que plusieurs décisions concernant le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo restent incomplètement appliquées, affaiblissant à la fois la paix et l’autorité du Conseil.
Le retour de l’article oublié
Un point central des discussions a été l’article 34 de la Charte des Nations Unies, qui permet au Conseil de sécurité d’enquêter sur des situations avant qu’elles ne menacent la paix. Guterres a plaidé pour une utilisation accrue de cet article, notant que l’absence d’unité découle souvent d’interprétations divergentes des événements sur le terrain.
Le Pakistan a également mis en avant la nécessité d’enquêtes impartiales et d’évaluations techniques pour désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent en conflits ouverts.
Prévenir plutôt que gérer
Le Secrétaire général a proposé plusieurs pistes pour renforcer les capacités de médiation de l’ONU, notamment en agissant plus tôt et en impliquant davantage les femmes et les jeunes dans les processus de paix. L’objectif est de réorienter les ressources diplomatiques vers la prévention, plutôt que de les mobiliser uniquement après l’éclatement des crises.
Le représentant pakistanais a souligné que l’histoire retient principalement les guerres qui ont éclaté, négligeant celles qui n’ont jamais eu lieu grâce à une médiation efficace ou à une intervention précoce.
La prévention des conflits pourrait ainsi devenir la véritable me de l’efficacité du système international, avec des implications profondes pour la paix mondiale.
Pour en savoir plus, lire ci-dessous la couverture en direct des discussions assurée par l’équipe de la Section de la Couverture des réunions des Nations Unies.
Source : ONU
