Apocalypse et fins du monde

Le concept d’apocalypse semble omniprésent dans le discours contemporain. Des figures telles que Peter Thiel évoquent des visions apocalyptiques, reliant les figures de l’Antéchrist et de l’Armageddon à un « spectre apocalyptique ». De plus, un article de Naomi Klein et Astra Taylor (2025) souligne l’émergence d’une « tendance apocalyptique au plus haut d’un gouvernement », une situation sans précédent qui évoque une « attraction apocalyptique du fascisme de fin des temps ».

Quinn Slobodian, dans son ouvrage Crack-Up Capitalism, traduit en français par Le Capitalisme de l’apocalypse, utilise la métaphore de la perforation pour décrire la prolifération des zones de marché privées. Il souligne que chaque acte de « sécession douce » représente une victoire pour ces zones, signalant un processus de fragmentation du tissu social. Actuellement, plus de 5400 de ces zones existent, illustrant des décennies d’efforts pour se soustraire au collectif.

Ce phénomène est amplifié par des responsables politiques aux États-Unis qui exploitent le « fantasme apocalyptique ». Klein et Taylor avancent que ce type de fascisme transcende les clivages de classe, unissant ainsi les milliardaires et les bases populaires. Cette dynamique soulève des questions sur la nature du fascisme contemporain et sur la possibilité d’une société sans démocratie.

Pierre Dardot

Philosophe, Chercheur au Sophiapol, Université Paris Nanterre, Co-animateur du Groupe d’études sur le néolibéralisme et les alternatives (GENA)

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