Une octogénaire passe six jours sur un brancard aux urgences du CHU d’Orléans
Le 18 juillet dernier, Nino-Anne Dupieux, 85 ans, a été admise aux urgences du CHU d’Orléans (Loiret) en raison d’une violente hémorragie. Elle a passé six jours et cinq nuits sur un brancard, se déplaçant de box en box en raison de l’absence de lits disponibles. « On a longé des couloirs où les brancards se touchaient. Dessus, il y a quelqu’un qui souffre et qui a besoin des urgences », témoigne-t-elle.
Tout au long de son séjour, elle a dû subir des examens douloureux, mais le manque d’anesthésistes a compliqué sa prise en charge. « On me dit : ‘On n’a pas d’anesthésiste. Et si on avait un anesthésiste, il vous faudrait aussi aller dans un bloc opératoire' », raconte-t-elle. Les heures et les nuits se sont écoulées sans qu’elle puisse dormir, et sa colère a grandi face à la situation.
Au bout de six jours, son mari est venu la chercher, après qu’elle ait exprimé son désespoir. « Elle vivait dans des conditions tellement insupportables qu’elle passait son temps à nous dire : ‘Viens me chercher, je n’en peux plus, s’il te ne viens pas, je me sauve' », explique Philippe Durieux. Nino-Anne a finalement quitté l’hôpital contre l’avis médical.
Bien que son expérience ait été traumatisante, elle ne reproche rien aux soignants, qu’elle décrit comme « exceptionnels ». Les syndicats de santé dénoncent un manque de moyens croissant, signalant que de nombreuses personnes passent 48, 72 heures ou plus sur des brancards. « Il n’y a même pas de brancards pour tout le monde. Parfois, les gens restent sur des fauteuils », alerte Gaëlle Piquepaille, représentant du Syndicat SUD santé.
Le CHU d’Orléans a reconnu ses difficultés et a annoncé un programme de réouverture de 42 lits de médecine, ce qui représente une augmentation de 6,1 % de sa capacité. Malgré cela, Nino-Anne Dupieux a déclaré qu’elle ne souhaitait plus jamais être admise aux urgences de cet hôpital.
Source : Franceinfo



