Loi d’urgence agricole : des rassemblements en Bretagne contre un texte controversé
Ce lundi 20 juillet, la loi d’urgence agricole sera de nouveau soumise au vote des députés après l’adoption par le Sénat d’une version légèrement remaniée. Dans toute la France, des rassemblements étaient organisés pour s’opposer à l’adoption de ce texte. À Saint-Just en Ille-et-Vilaine, une quarantaine de personnes se sont retrouvées, sans pancartes ni banderoles, mais avec des fourches pour aider une éleveuse à rentrer sa paille, illustrant ainsi une forme de soutien à l’agriculture paysanne.
Le sénateur écologiste Daniel Salmon a critiqué la loi, la qualifiant de « non-sens ». Il a souligné que la situation actuelle de l’agriculture, marquée par des canicules et une sécheresse accrue, nécessite un changement de modèle plutôt qu’une tentative de maintenir un système éprouvé. « On essaye de perpétuer un modèle qui nous a amenés là où on est », a-t-il déclaré.
Sur le terrain, les participants s’affairaient à ramasser les bottes de paille pour les protéger des intempéries. Sonia Debroux, éleveuse de poules bio, a également exprimé ses inquiétudes : « On voit bien que le système industriel a des limites. Moi, dans mon élevage, j’ai eu zéro mort », a-t-elle affirmé, en référence aux pertes de volailles dues à la chaleur.
La loi prévoit d’autoriser l’agrandissement des élevages, suscitant l’indignation de plusieurs agriculteurs. Sonia Debroux a dénoncé cette initiative comme une « loi hors sol », arguant que cela ne ferait qu’aggraver la situation actuelle. « Quand on voit un tapis de morts quand on se lève le matin, c’est une catastrophe », a-t-elle ajouté.
Jean-Marie Le Gall, conseiller municipal à Saint-Just et député suppléant des Écologistes, a mis en garde contre les conséquences de cette loi sur l’agriculture française, notamment en raison des accords signés avec le Mercosur qui fragilisent le secteur.
La réintroduction de certains néonicotinoïdes est également prévue dans le texte. Des études ont établi un lien entre ces pesticides et des problèmes de santé, ce qui soulève des questions quant à la sécurité alimentaire et à la santé publique.
Maxime, un voisin venu prêter main-forte, a exprimé ses préoccupations concernant la réintroduction de ces substances : « Pour ma santé, celle des enfants, celle du vivant, je trouve que c’est catastrophique. »
À l’issue de cette journée de mobilisation, une manifestation est prévue devant l’Assemblée nationale pour contester la loi pendant son examen.
(Source : France3 Régions)
