Loi d’urgence agricole : entre Barbut et Genevard, deux lignes irréconciliables sur les pesticides et le stockage de l’eau

Loi d’urgence agricole : Barbut et Genevard, deux lignes irréconciliables sur les pesticides et le stockage de l’eau

Un affrontement gouvernemental se dessine autour de la loi d’urgence agricole, qui doit être votée lundi à l’Assemblée nationale. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s’oppose fermement à la réintroduction de pesticides interdits, notamment l’acétamipride, qu’elle qualifie de principal point de tension. En revanche, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, plaide pour son autorisation, affirmant qu’il ne faut pas que cette question entrave l’adoption de l’ensemble du texte.

Le 16 juillet, une commission mixte paritaire a permis aux députés et sénateurs de se mettre d’accord sur une version commune. Grâce à l’intervention du sénateur Laurent Duplomb (Les Républicains) et du lobby agricole, la réautorisation de l’acétamipride et du flupyradifurone a été intégrée au projet. La question du stockage de l’eau, cruciale pour l’agriculture, divise également les deux ministres.

Monique Barbut et son opposition aux ajouts du Sénat

Monique Barbut, qui avait menacé de démissionner, continue de défendre ses positions écologiques. Elle souligne que le texte a été amélioré par rapport à la version initiale mais reste préoccupée par la réintroduction de l’acétamipride. Concernant le stockage, elle insiste sur le fait qu’il ne doit pas se faire au détriment des ressources en eau commune, et appelle à préserver les zones humides, essentielles pour l’environnement.

Elle s’oppose au doublement de la capacité de stockage d’eau à des fins agricoles d’ici 2035, arguant que cela pourrait modifier la politique de partage de l’eau en France.

Annie Genevard, une défense pragmatique

De son côté, Annie Genevard défend le projet de loi en affirmant qu’il répond aux préoccupations des agriculteurs. Elle insiste sur le fait que la décision concernant la réintroduction de pesticides doit être fondée sur des bases scientifiques, et non idéologiques. Genevard considère que la facilitation des projets de stockage d’eau est vitale, surtout face aux récents aléas climatiques, et que cela représente des projets d’avenir pour l’agriculture.

La loi d’urgence agricole, qui vise à répondre aux besoins urgents des agriculteurs, reste donc au centre d’un débat intense, illustrant des positions profondément ancrées au sein du gouvernement.

Source : La Tribune Dimanche, Journal du Dimanche, Nouvel Obs.

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