Loi-cadre intégrale : il faut agir maintenant !
Partout, la colère, l’indignation, mais aussi la détermination à faire changer les choses se sont exprimées vivement.
Les rassemblements massifs de ces dernières semaines, divers en âges, catégories sociales et territoires, témoignent de l’ampleur de l’onde de choc et de tristesse provoquée par la mort tragique de Lyhanna. Ils incarnent une exigence politique : que la lutte contre les violences sexuelles devienne enfin une priorité à la hauteur de l’ampleur du phénomène et de la gravité des conséquences sur les victimes et sur la société entière.
La CGT est investie dans la coalition pour la loi cadre intégrale depuis sa création
Depuis deux ans, la CGT travaille avec plus de 150 associations et organisations féministes et enfantistes pour élaborer une loi cadre intégrale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. La CGT organise les professionnel·les qui sont empêché·es de travailler aujourd’hui et qui, dans leur quotidien, sont témoins impuissants de ces enfants et femmes en danger, qu’ils ne peuvent pas aider, car ils n’en ont pas les moyens.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, déclare : « Je pense évidemment à tou·tes les professionnelles de la protection de l’enfance, aux professionne·lels dans le secteur de la justice, de la police, de l’éducation, du soin et du lien, qui, au quotidien, n’ont pas les moyens de protéger les enfants et les femmes en danger. »
Alors que les membres du gouvernement et le président de la République ont nié la problématique des moyens financiers, les associations dénoncent ce cynisme.
Les violences sexistes et sexuelles, ça suffit ; on s’organise pour y mettre fin
Sophie Binet exprime une « immense colère parce que sa mort aurait pu être évitée, suite à une série de défaillances dans la prévention et le traitement des violences sexuelles. »
Avec des moyens supplémentaires et grâce à plusieurs mes contenues dans la loi intégrale, un meilleur traitement des alertes et plaintes aurait pu être permis. Parmi ces mes figurent :
- Des initiatives de lutte contre la pédocriminalité en ligne et le renforcement des moyens de détection (Art. 31 à 38).
- La création de l’ordonnance provisoire de protection immédiate de l’enfant et le repérage systématique par les professionnels de santé (article 50).
- La création d’unités de police judiciaire dédiées et d’une justice spécialisée pour prioriser les violences sexistes et sexuelles (article 1er).
La coalition a également tenu à revenir sur la dimension globale de la loi intégrale demandée, avec :
- Un volet prévention conséquent à travers des séances de dépistage dès la maternelle (articles 4 et 17).
- Un investissement important dans les associations pour permettre une prévention effective à tous les âges.
- Des mes pour accompagner les victimes, comme la création de centres pluridisciplinaires spécialisés (article 54).
Les membres de la coalition insistent sur les moyens nécessaires aux associations qui accueillent les victimes et dénoncent les difficultés persistantes des associations de terrain. La loi intégrale prévoit 2,6 milliards d’euros pour accompagner les victimes de violences.
Depuis quelques mois, une loi intégrale portée par plus de 110 député·es et soutenue par 81 % des Français·es, est déposée.
Cette loi reprend en partie les mes proposées avec les associations féministes et enfantistes. Il est impératif qu’elle soit mise à l’ordre du jour de l’agenda parlementaire pour être adoptée et dotée des moyens nécessaires.
Le 4 juillet, la coalition appelle à une grande marche à Paris en hommage à toutes les victimes de violences sexuelles et en soutien à une loi intégrale.
Source : CGT et coalition pour la loi cadre intégrale.
