Logement neuf à Paris : où en trouver encore et à quel prix ?
Acheter un appartement neuf à Paris relève presque de la chasse au trésor. Selon Sophie Collomp, directrice du CAPEM, « À fin décembre 2025, il y avait 327 logements neufs à l’offre à Paris ». Bien que ce chiffre marque un rebond par rapport aux 83 logements recensés un an plus tôt, il reste largement en deçà des niveaux observés auparavant. « L’offre n’avait fait que s’écrouler : passant de 258 logements en 2022, à 181 en 2023 puis seulement 83 en 2024 », détaille l’experte.
Cette légère hausse s’explique principalement par « l’arrivée sur le marché d’anciens projets dont les lancements avaient été reportés », ajoute-t-elle. Pierre Bibet, délégué général de la Fédération des promoteurs immobiliers d’Île-de-France (FPI IDF), souligne que cette pénurie est directement liée aux choix d’aménagement de la capitale. « Tout cela est le produit d’une politique locale qui restreint assez drastiquement la construction neuve », explique-t-il, notant que la priorité donnée au logement social réduit fortement l’offre privée.
Les dernières opportunités se trouvent surtout dans les arrondissements périphériques
Les professionnels constatent que les rares programmes neufs se concentrent désormais dans les quartiers en renouvellement urbain. Matthieu Takissian, agent immobilier chez Haussmann Prestige, indique : « Je pense que c’est essentiellement dans les arrondissements périphériques : 18e, 19e, 20e, 12e, 13e, 14e, 15e, le sud du 16e ou encore le 17e avec le quartier des Batignolles ». Il précise également que le terme « neuf » recouvre plusieurs réalités, allant d’immeubles entièrement reconstruits à des réhabilitations lourdes ou des appartements intégralement rénovés.
Un surcoût de 20 à 30 %, mais aussi des avantages
Le prix du logement constitue souvent le principal frein. Matthieu Takissian déclare : « Le neuf est en moyenne 20 à 30 % plus cher que l’ancien » à localisation équivalente. Dans un quartier où l’ancien s’échange autour de 10 000 euros le mètre carré, un programme neuf atteindra ainsi 12 000 à 13 000 euros, voire davantage pour les biens les plus recherchés. Pierre Bibet explique que cette différence de prix s’explique par le niveau d’exigence imposé aux nouveaux programmes. « La plupart des programmes à Paris sont des immeubles de très belle facture, s’adressant à une clientèle plutôt premium », souligne-t-il.
Pourquoi certains acheteurs acceptent de payer plus cher
Tous les acquéreurs ne recherchent pas le charme de l’ancien. Matthieu Takissian constate que les candidats au neuf poursuivent avant tout un objectif de simplicité. « Ce sont des personnes qui n’ont pas envie de s’embêter avec des travaux », explique-t-il. L’isolation thermique et phonique performante, l’absence de chantier à gérer et les garanties constructeur justifient, selon eux, le supplément de prix. La FPI rappelle également que l’achat dans le neuf permet de bénéficier de frais de notaire réduits (2 à 3 % contre 7 à 8 % dans l’ancien), d’un paiement échelonné au fur et à me de l’avancement des travaux, ainsi que des garanties légales de parfait achèvement, biennale et décennale.
Source : Capital


