Logement étudiant : un casse-tête à Strasbourg
C’est l’heure de la rentrée scolaire, mais sur le campus de Strasbourg (Bas-Rhin), de nombreux étudiants cherchent encore un logement. Alors que le coût de la vie augmente, les loyers n’ont jamais été aussi élevés. Trouver un logement devient source d’angoisse pour les jeunes adultes qui rentrent dans le supérieur.
Premier jour à l’université et le stress d’un nouveau départ. À cela s’ajoutent de nombreuses questions, notamment celle du logement. Pour beaucoup d’étudiants, la rentrée scolaire à l’université rime avec casse-tête. Trouver un logement étudiant avec un petit budget à Strasbourg n’est pas de tout repos. En six ans, le coût de la rentrée scolaire étudiante a augmenté de 25,38 %. Selon le baromètre de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE) et de l’Association fédérative générale des étudiants de Strasbourg (Afges), publié le 1er septembre, la rentrée 2026 atteint un record. Les étudiants doivent débourser en moyenne 3 226,40 euros, avec le loyer comme premier poste de dépense, particulièrement élevé dans les grandes villes.
En ce début septembre, nombreux sont ceux qui s’inquiètent de leur situation. Enzo Virapin, 18 ans, entre en licence et n’a pas encore trouvé un endroit où habiter. Malgré des recherches actives, l’étudiant originaire de Sainte-Croix-aux-Mines est toujours en attente. « Je cherche depuis assez longtemps et je ne trouve pas. Entre 300 et 700 euros, on ne trouve pas vraiment d’appartement ou de logement étudiant. Du coup, je fais une heure de route chaque jour. C’est assez contraignant », s’inquiète-t-il.
Pour ces jeunes, c’est un véritable parcours du combattant pour trouver un toit et le financer. En 2026, les dépenses liées à l’hébergement ont bondi de 8,79 % dans l’Eurométropole de Strasbourg. Pour un 25 m², il faut compter en moyenne 630 euros dans le parc privé, une somme considérable pour un étudiant.
Un autre étudiant témoigne : « Je paye autour de 550 euros par mois. Ce n’est pas rien cet argent. Pour mes parents, c’est un peu compliqué. » Un autre ajoute : « Il faut faire des choix, je suis obligé d’aller manger beaucoup plus souvent au Crous avec les repas à 1 euro, car sinon je n’ai pas l’argent pour payer mon loyer ou les transports. »
Dans ce contexte, les résidences sociales croulent sous les demandes et peinent à y répondre. Le Crous Alsace ne propose qu’un logement pour 17 étudiants. Sophie Roussel, directrice générale du Crous Strasbourg, souligne que la situation doit évoluer : « Aujourd’hui, nous avons 500 nouveaux logements qui sont dans les tuyaux. J’aimerais qu’il y en ait encore 1 500 d’ici 2030 sur l’académie. C’est un objectif ambitieux, car il y a la question du foncier, du financement et de la temporalité des projets. »
En attendant que de nouveaux logements soient disponibles, certains se tournent vers le système D et les aides d’urgence. La fédération étudiante Afges a mis en place des hébergements d’urgence gratuits. Nassarah Jediel, une étudiante, va bénéficier de ce dispositif. « Je suis soulagée, c’est mieux que rien. S’il n’y avait pas l’AFGES, je ne connais personne pour m’héberger pendant 10 jours, ça aurait été compliqué. »
La Fédération des promoteurs immobiliers a récemment publié que la France compte désormais plus de trois millions d’étudiants, mais que « l’offre sociale dédiée a augmenté beaucoup plus lentement ». En une quinzaine d’années, l’écart s’est creusé entre la progression du nombre d’étudiants et celle des logements qui leur sont spécifiquement destinés.
En France, 29 % des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté et 47 % des étudiants précaires disposent de moins de 400 euros de ressources mensuelles, dont 24 % moins de 200 euros.
Source : FAGE, AFGES, Crous Alsace, Fédération des promoteurs immobiliers.

