L’Italie prolonge les contrôles aux frontières avec l’Espagne
L’Italie a annoncé la prolongation de 15 jours supplémentaires des contrôles aux frontières pour les voyageurs en provenance d’Espagne, exacerbant ainsi le conflit au sein de l’espace Schengen, en raison de la crise migratoire touchant l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord.
Le ministère italien de l’Intérieur a précisé, ce lundi, qu’il notifiera cette décision à la Commission européenne. « Cette décision a été prise […] car les facteurs qui avaient conduit à leur réintroduction le 1er août persistent », a déclaré le ministère.
Ces mes avaient été initialement instaurées le 1er août pour une durée d’un mois, en réponse à un afflux sans précédent de migrants à Ceuta, ainsi qu’à des préoccupations en matière de sécurité et d’immigration pour l’ensemble de l’espace Schengen, où la libre circulation sans passeport est en vigueur.
En réaction, le gouvernement espagnol avait menacé d’imposer des contrôles réciproques sur les passagers en provenance d’Italie si ces derniers n’étaient pas levés. Cette menace a été mise à exécution le 8 août, Madrid imposant des contrôles aux frontières jusqu’au 7 septembre.
Environ 72 000 personnes ont traversé la frontière depuis le Maroc pour entrer à Ceuta le 30 juillet, lors d’un afflux massif qui a causé des dizaines de morts et laissé des milliers de personnes bloquées dans l’enclave. Actuellement, entre 5 000 et 8 000 migrants, dont des mineurs non accompagnés, demeurent à Ceuta.
La prolongation des contrôles a été communiquée personnellement par le ministre de l’Intérieur italien, Matteo Piantedosi, à son homologue espagnol, Fernando Grande-Marlaska. Le ministère espagnol de l’Intérieur n’a pas encore répondu aux demandes de commentaires.
L’Espagne a également sollicité une aide supplémentaire de l’UE pour gérer les dossiers des personnes encore présentes sur son territoire, en demandant officiellement le soutien de Frontex, l’agence européenne des frontières.
Le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a exprimé son incompréhension face à cette situation, soulignant que « Ceuta et Melilla ne font pas partie de l’espace Schengen », et qu’il n’existe « aucune raison, aucun argument qui justifie cela ».
La Commission européenne n’a pas encore répondu à cette situation.
(Source : ministère de l’Intérieur italien)

